Les prix du pétrole bondissent de 8 % après la suspension par l’Iran de ses discussions avec les États-UnisLes prix du pétrole bondissent de 8 % après la suspension par l’Iran de ses discussions avec les États-Unis
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Les prix du pétrole ont fortement progressé, ce lundi, après l’annonce par l’Iran de la suspension de ses discussions indirectes avec les États-Unis, en signe de protestation contre l’agression israélienne au Liban, sur fond de craintes d’une nouvelle escalade susceptible de menacer les flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz.

Les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 6,59 %, à 97,13 dollars le baril au moment de la rédaction de ces lignes. Le West Texas Intermediate (WTI) américain a également bondi de 7,54 %, à 93,95 dollars le baril.

Cette forte hausse des cours du pétrole intervient après que l’agence iranienne Tasnim, proche des Gardiens de la révolution, a rapporté que Téhéran avait suspendu l’échange de messages avec Washington par l’intermédiaire de médiateurs. L’agence a lié toute reprise des discussions à l’arrêt des attaques israéliennes au Liban et à Gaza, ainsi qu’à la prise en compte des positions de l’Iran et de ses alliés.

Selon Tasnim, l’Iran et le « Front de la résistance », qui regroupe ses alliés au Yémen, au Liban et en Irak, ont élaboré un plan visant à fermer totalement le détroit d’Ormuz et à activer d’autres fronts, dont Bab el-Mandeb, afin de « punir » Israël et ses soutiens.

Cette envolée des prix intervient alors que les marchés misaient, ces derniers jours, sur la possibilité d’une prolongation de 60 jours du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que sur une réouverture plus large du détroit d’Ormuz aux exportations de pétrole et de gaz.

Le président américain Donald Trump a affirmé, dans une publication sur la plateforme Truth Social, que l’Iran « veut vraiment parvenir à un accord », ajoutant qu’un tel accord serait bénéfique pour les États-Unis et leurs alliés.

Mais l’intensification des attaques israéliennes contre le Liban a remis la pression sur les discussions entre Washington et Téhéran. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont indiqué avoir ordonné à l’armée israélienne de mener des frappes contre la banlieue sud de Beyrouth, alors qu’Israël a élargi ses opérations contre le Hezbollah dans le sud du Liban.

Le marché se montre de plus en plus sensible à toute menace visant le détroit d’Ormuz. Selon les estimations de l’Agence américaine d’information sur l’énergie, environ 20 millions de barils par jour de pétrole et de produits dérivés ont transité par le détroit en 2024, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers.

L’Agence internationale de l’énergie indique, pour sa part, qu’en 2025, près de 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers ont emprunté ce passage, soit environ 25 % du commerce maritime mondial de pétrole. Les alternatives permettant de contourner le détroit restent limitées, en particulier pour les pays riverains du Golfe arabe.

Les contrats sur le Brent et le WTI avaient reculé de plus de 10 % la semaine dernière, portés par les espoirs d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. Ils demeurent toutefois en hausse d’environ 30 % depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran, le 28 février dernier.

Des analystes avertissent que l’échec des discussions et la reprise d’affrontements directs pourraient pousser les prix à des niveaux nettement plus élevés, surtout si cette situation s’accompagnait d’une fermeture durable ou étendue du détroit d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, deux passages vitaux pour le commerce mondial du pétrole et du gaz.

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Auteur: hamza ben khelifa
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