Essaouira – A l’occasion de la deuxième journée de la 22ème édition du Festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira, les deux Mâalem, Majid Bekkas et Hassan Hakmoun, ont livré, vendredi soir, de belles prestations qui ont permis aux aficionados gnaouis de découvrir une dimension toute singulière d’un art ancestral mêlant fusion et énergie contemporaine.

Sur la place Moulay El Hassan à la Ville des Alizés, le talentueux multi-instrumentiste, Majid Bekkas a offert un concert de haute facture en présentant le projet « Afro Gnaoua Jazz Ensemble » qui se veut le couronnement d’une longue collaboration musicale et humaine avec notamment l’ambassadeur du balafon africain, le Malien Aly Keita.

Devant un public conquis et passionné, le Mâalem Bekkas, qui s’attache aux valeurs intrinsèques de la tradition gnaouie tout en « embrassant » la beauté des autres cultures musicales, a été rejoint par le bassiste Childo Thomas du Mozambique, le pianiste cubain Omar Sosa, le saxophoniste et flûtiste belge Manuel Hermia et le percussionniste marocain Amine El Bliha.

Dans cette « combinaison » artistique qui renseigne sur la dimension éminemment mondiale de l’art gnaoui, Majid Bekkas a ravi l’assistance avec une série de classiques de Gnaoua, comme El Baniya ou Ya Rasoul Allah et des morceaux du blues afro-américain.

Avant de quitter la scène, le Mâalem Bekkas a choisi de jouer un morceau de Gnawa algérien, originaire de Biskra, où cet art est appelé Diwan.

La dernière partie de cette soirée a été toute aussi prometteuse que la première. Le Mâalem Hassan Hakmoun, installé dans le fameux quartier new-yorkais de Brooklyn, est monté sur scène en compagnie de musiciens et danseurs de renom pour présenter le projet The Universal Force qui fait appel à l’énergie contemporaine de New York et aux rythmes ancestraux de la tagnaouite.

Accompagné par Justin Purtill à la guitare, Leonardo Genovese aux claviers, Mathew Kilmer aux percussions, Dean Johnson à la batterie, Brahim Fribgane au Oud et Chikako Iwahori aux chants, percussion, claquettes et danse, Hassan Hakmoun a livré le meilleur de son expérience musicale en tant que gnaoui et en tant que musicien.

Muni de son Guembri, ce natif de Marrakech a dirigé un véritable orchestre comprenant des danseurs et percussionnistes gnaouis mais aussi des musiciens issus d’autres cultures. Le Mâalem Hakoum a fait de l’art de la fusion sa spécialité. Associant des instruments modernes aux crotales traditionnelles, il a revisité, lors de ce concert, un bouquet de chansons gnaouies des plus classiques.

Figure emblématique de la tagnaouite moderne, Hakmoun collabore avec des musiciens comme David Sanborn, Peter Gabriel et The Kronos Quartet. Il compte à son actif un album sorti en 2002 intitulé « The Gift ». Dans cet album, fruit d’une collaboration avec le producteur Fabian Alsultany, l’artiste marie avec brio la musique gnaoua et la musique traditionnelle arabe.

Créé en 1998, le Festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira (20-23 juin), qui attire environ 300.000 spectateurs par an, vise à préserver, valoriser et assurer la continuité du patrimoine de tagnaouite, du statut de Maâlem et des musiciens qui s’adonnent à plein coeur à cet art ancestral oral.

Auteur: Meriem IGASS
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.