Défiance
Le rapprochement entre Trump et Poutine est perçu par les Européens comme une manière et une approche du président américain de régler des comptes et sanctionner les Européens pour ne pas avoir répondu à son appel de l’aider à finir sa guerre contre l’Iran.
La guerre américaine contre l’Iran a accentué une fissure dynamique entre l’Europe et les États-Unis. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump avait pris en grippe les pays de l’Union européenne. Ses reproches se situaient à deux niveaux. L’économie. Trump pensait que les Européens profitaient largement du marché américain et de son ouverture. La défense. Trump estimait que les Américains, à travers l’Otan, finançaient la sécurité des européens face aux dangers qui les menacent.
Dès le début de son second mandat, Donald Trump avait, contre toute attente, dégoupillé l’arme des tarifs douaniers contre les exportations européennes. si fortes et si violentes que Bruxelles a mobilisé son arsenal extrême pour y répondre. La guerre commerciale telle que rêvée par Donald Trump n’a pas eu lieu mais cette démarche américaine avait ébranlé une des fondations de confiance entre les deux rives de l’Atlantique.
L’autre fondation de cette relation se situe au sein de l’alliance atlantique. Donald Trump a exprimé sa désapprobation de voir l’Amérique assumer lourdement la charge du financement de cette organisation. L’ambition de Trump est que les pays européens puissent consacrer 5% de leur budget national la dépense militaire. Ce que de nombreux pays européens ont refusé, prétextant que cela bouleverserait leurs agendas économiques.
Donald Trump a une dent contre ces pays et ne rate aucune occasion de les menacer.
C’est dans ce contexte d’extrême tension et de défiance dans la relation entre l’Europe et l’Amérique qu’intervient la guerre contre L’Iran. Dès le début, des pays européens s’y sont opposés frontalement allant jusqu’à la dénoncer comme une flagrante violation du droit international et poussant cette opposition jusqu’a interdire aux avions américains qui participent à cette guerre le survol de l’espace aérien ou l’utilisation des bases américaines en Europe. Ces pays ont justifié cette opposition par le fait que Donald Trump n’a ni informé ni consulté ses alliés européens avant d’entamer cette escalade militaire. Le président américain a eu de très vives critiques à l’égard de l’Europe et de l’Otan lorsque ces deux organisations lui ont opposé un refus catégorique de participer de manière offensive à sa guerre contre l’Iran. L’amertume du Donald Trump est telle qu’il a proféré des menaces contre les Européens et l’Otan. D’abord sur le plan de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Il pourrait, selon les craintes de certains, lever le pied sur l’aide militaire et économique qu’Il apporte à l’Ukraine, exerçant une énorme pression sur les Européens les obligeant à se saigner aux quatre veines pour venir en aide aux Ukrainiens et les aider à résister aux assauts russes. Une des manifestations de la mauvaise américaine est la décision de Trump de réintégrer Vladimir Poutine en proposant de l’inviter au Sommet du G20.
Le rapprochement entre Trump et Poutine est perçu par les Européens comme une manière et une approche du président américain de régler des comptes et sanctionner les Européens pour ne pas avoir répondu à son appel de l’aider à finir sa guerre contre l’Iran.
Pour ce qui est de l’Otan, même s’il paraît difficile pour Donald Trump de mettre en exécution ses menaces de quitter l’Otan, rien que le fait d’en parler et de faire miroiter cette option participe à expurger l’alliance atlantique de toute crédibilité militaire et de toutes capacités dissuasives. Les pays qui entretiennent des relations de compétition avec l’Otna comme la Chine et la Russie regarderont avec beaucoup de satisfaction cette dégradation manifeste des relations au sein de ses membres. Ce qui la rend moins dangereuse. Entre Trump et l’Europe c’est l’histoire d’une grande fracture qui pourrait facilement aboutir à un divorce. Les Européens ont été dans l’obligation de réfléchir à leur sécurité indépendamment du parapluie américain. C’est la réactivation tous-à-azimuts de la carte de l’autonomie stratégique portée par le président français Emmanuel Macron. Au début cette approche avait suscité des doutes, notamment de la part des Allemands.
Aujourd’hui devant la tornade Donald Trump, l’adhésion européenne à cette doctrine de défense et de sécurité est de plus en plus unanime.
Par ailleurs, il y a une idée assez répandue dans les milieux européens. C’est que pour pouvoir espérer un retour à la normale des relations entre l’Amérique et l’Europe, il faudrait sans doute attendre le départ de Donald Trump de la Maison Blanche.
Auteur: Mustapha Tossa
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