Le président de la Commission du tourisme à l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Yahyaoui, estime que le budget proposé pour le secteur en 2027 ne reflète pas son poids en matière de recettes et d’emploi. Les crédits prévus pour la mission Tourisme et Artisanat atteignent 176,8 millions de dinars, en hausse de 9,3 % par rapport à 2026.
Des préparatifs pour le statut de capitale arabe du tourisme
Dans une déclaration exclusive à Tunisie Numérique, Mohamed Yahyaoui a indiqué que plusieurs dossiers avaient été abordés lors de la séance conjointe du mardi 3 novembre 2026 consacrée à l’audition du ministre du Tourisme.
Il a rappelé que la Tunisie sera capitale arabe du tourisme en 2027 et souligné la nécessité de bien préparer cette échéance, notamment en matière de propreté. Le député a appelé à coordonner les efforts au niveau ministériel, plusieurs départements étant concernés par l’organisation de cette manifestation.
Des cahiers des charges et des projets bloqués
Les députés ont évoqué les cahiers des charges relatifs aux hébergements ruraux et urbains. Selon Yahyaoui, ces textes se trouvent toujours à la présidence du gouvernement et n’ont pas été approuvés depuis plusieurs années.
Le débat porte notamment sur le décret n° 191, qui encadrait ces hébergements et exigeait une superficie pouvant atteindre 20 hectares. Le député estime que cette condition ne correspond pas aux possibilités des jeunes promoteurs souhaitant développer des projets touristiques sur des terrains plus petits.
Yahyaoui a également cité les plans d’aménagement urbain parmi les obstacles à certains projets. À Tabarka, des projets présentés il y a environ deux ans, pour une valeur supérieure à 500 millions de dinars, seraient toujours bloqués. Il a mis en cause l’absence de révision du cahier des charges de la zone touristique, qui impose, selon lui, une hauteur maximale de deux étages.
Des zones touristiques et une école numérique à l’étude
Parmi les projets évoqués figure la nouvelle zone touristique de Zaouaraa, dans le gouvernorat de Béja. Le dossier serait presque prêt et attendrait encore l’approbation par le ministère de l’Équipement du plan détaillé.
À Oued Hlal, dans la délégation d’Aïn Draham, un projet de zone touristique s’étendrait sur 52 hectares. Des démarches sont en cours pour régler certaines questions foncières. Une autre zone touristique est envisagée à Salakta, dans le gouvernorat de Mahdia, où la situation foncière doit également être régularisée.
Une école touristique pilote à vocation numérique doit par ailleurs être réalisée à Aïn Draham grâce à une subvention française de 22 millions de dinars. Yahyaoui a indiqué que l’approbation définitive du terrain avait été obtenue et que les travaux pourraient débuter au début de 2027.
Tourisme saharien, hôtels fermés et ports de plaisance
Selon le député, le ministre a annoncé la réalisation en cours d’une plateforme dédiée au tourisme saharien. Les visiteurs pourraient s’y enregistrer à leur entrée dans le désert, une mesure présentée comme susceptible de contribuer à résoudre certaines difficultés du secteur.
Concernant les hôtels fermés, le ministre aurait indiqué que 12 établissements avaient été cédés et que certains investisseurs manifestaient de l’intérêt pour l’achat d’hôtels.
Dans la zone touristique d’El Kantaoui, le ministre se serait engagé à poursuivre les interventions pour améliorer les infrastructures et à revoir les concessions. Un décret sur la location des ports de plaisance devrait également être publié dans les prochains jours afin de garantir au ministère leur bonne exploitation.
Diversifier les marchés et prévenir les coupures
Yahyaoui a évoqué une reprise progressive du marché européen et indiqué que le nombre de touristes britanniques avait atteint environ 600 000 l’année dernière. Les députés ont appelé à intensifier les efforts sur les marchés asiatiques, notamment chinois, et à étudier les possibilités d’attirer davantage de touristes des pays du Golfe, dans le contexte de la crise au Moyen-Orient.
Les coupures d’électricité et d’eau survenues en 2026 ont également été abordées. Selon le député, les élus ont demandé que la préparation des hôtels soit suivie afin qu’ils disposent, à leurs frais, de solutions de remplacement pour l’électricité, telles que l’énergie solaire et les groupes électrogènes. Des coupures avaient touché des clients dans certains hôtels des gouvernorats de Nabeul et de Sousse. Les députés ont appelé à anticiper pour éviter que la situation ne se reproduise en 2027.
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Auteur: Donia Zeghidi
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