Les commissions parlementaires de l’agriculture et des secteurs productifs ont examiné, lundi 2 novembre 2026, le projet de budget de la mission de l’Agriculture pour 2027. Les interruptions d’eau de l’été 2026, les projets d’approvisionnement et la préparation de l’été prochain ont occupé une place importante dans les échanges.
L’eau au centre des interventions
La réunion conjointe de la Commission des secteurs productifs du Conseil national des régions et des districts et de la Commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et hydrique et de la pêche maritime de l’Assemblée des représentants du peuple s’est tenue sous la présidence d’Aymen Al-Abidi. Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, y a présenté le projet de budget, en présence du secrétaire d’État chargé des Ressources hydrauliques, Hamadi Lahbib, et de responsables du ministère et de ses organismes.
Les députés ont notamment évoqué les coupures d’eau enregistrées durant l’été 2026. Ils ont appelé à accélérer les projets d’approvisionnement et les stations de dessalement, et à mieux préparer le dispositif pour l’été 2027. Ils ont également demandé un contrôle renforcé des puits anarchiques, une meilleure gouvernance des groupements hydrauliques et leur équipement en énergie solaire.
Le ministre a indiqué que le renforcement de la souveraineté hydrique serait une priorité en 2027. Les orientations présentées prévoient la poursuite des travaux sur les barrages et les réseaux de transfert d’eau, la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable, la mise en service de la station de dessalement de l’eau de mer de Sidi Abdelhamid, ainsi que la numérisation de la gestion des ressources hydriques.
Les crédits proposés pour 2027
Le projet prévoit 2 990,579 millions de dinars de crédits d’engagement, contre 2 879,401 millions en 2026. Les crédits de paiement atteindraient 2 530 millions de dinars, contre 2 400 millions l’année précédente. Les programmes consacrés à l’eau, à la production agricole et aux forêts concentrent les principales enveloppes. Les dépenses à caractère développemental représentent 65,4 % du budget de la mission.
Les députés ont interrogé le ministre sur l’adéquation des crédits avec le rôle du secteur dans la sécurité alimentaire. Ils ont aussi demandé comment les priorités du plan de développement 2026-2030 seraient traduites en projets concrets, notamment dans les régions, et appelé à évaluer les programmes précédents, à suivre les projets en retard et à éclaircir les causes de l’augmentation de certains coûts.
Les orientations agricoles et les indicateurs de 2026
Présentant les priorités du ministère dans le cadre du plan de développement 2026-2030, Ezzeddine Ben Cheikh a placé la sécurité alimentaire et la souveraineté hydrique au cœur des politiques publiques. Il a également cité la valorisation des ressources naturelles, l’amélioration des conditions de vie dans les zones rurales et le développement régional.
Pour 2026, le ministre a fait état d’investissements agricoles de 1 431,3 millions de dinars, d’une amélioration des récoltes d’olives et de céréales et d’un taux de couverture des importations alimentaires par les exportations maintenu autour de 120 %.
Il a par ailleurs annoncé le lancement, en novembre 2026, du premier recensement général de l’agriculture. L’opération doit permettre de constituer une base de données actualisée pour améliorer la planification et l’élaboration des politiques publiques.
Puits agricoles et production alimentaire
Le président de la Commission des secteurs productifs a salué la promulgation de la loi n° 21 de 2026, datée du 28 octobre 2026, relative à la régularisation des puits agricoles non autorisés. Il a insisté sur la nécessité de la mettre en œuvre et de publier ses textes d’application. Le président de la Commission de l’agriculture de l’Assemblée a également appelé à finaliser rapidement le cadre réglementaire.
En matière de sécurité alimentaire, les orientations du ministère comprennent la numérisation du système des grandes cultures, le renforcement de la compétitivité de l’huile d’olive, la reconstitution du cheptel national et le soutien aux filières animales. La poursuite des projets de développement agricole intégré et de développement régional figure également parmi les priorités.
Les interventions des députés ont porté sur le coût des aliments pour animaux, le prix du lait, l’identification du cheptel, le manque de vétérinaires et les maladies animales. Ils ont aussi soulevé les difficultés d’approvisionnement en engrais et en semences, la hausse des coûts de production, la valorisation de l’huile d’olive et des dattes, le soutien à la filière avicole et le développement des cultures alternatives et de l’agriculture biologique. La protection des oasis et la pollution liée aux margines ont également été évoquées.
Pêche, forêts et ressources humaines
Pour la pêche maritime, les députés ont demandé l’amélioration des infrastructures portuaires, l’entretien des grues et la protection des ressources halieutiques contre la pêche anarchique. Ils ont aussi appelé à revoir certaines périodes de pêche en tenant compte des résultats de la recherche scientifique et des équilibres environnementaux.
Les échanges ont également porté sur l’entretien des pistes forestières, l’ouverture de pare-feu, la prévention des incendies et le reboisement des zones touchées. Les élus ont demandé un soutien aux habitants des forêts ainsi qu’un renforcement des moyens humains chargés de leur protection.
Plus largement, ils ont signalé les postes vacants dans les structures centrales et régionales, le manque d’ingénieurs et de vétérinaires, la situation des ouvriers des chantiers et les besoins des services de vulgarisation agricole. Le développement de la recherche, de la mécanisation et de l’investissement des jeunes dans le secteur a aussi été abordé.
Les explications du ministère sur l’eau et les intrants
En réponse aux députés, le ministre a déclaré que les crédits proposés avaient été fixés en coordination avec la présidence du gouvernement et le ministère des Finances. Il a indiqué que la création de l’Office national des aliments pour animaux avait contribué à améliorer l’approvisionnement, et affirmé que l’État poursuivait son soutien au secteur et aux agriculteurs.
De son côté, Hamadi Lahbib a expliqué que les perturbations de l’approvisionnement en eau étaient principalement liées à plusieurs années de sécheresse, à la hausse de la consommation et à l’évaporation. Il a assuré que les préparatifs pour l’été 2027 avaient commencé tôt, avec la poursuite du contrôle des puits anarchiques et l’équipement de groupements hydrauliques en énergie solaire.
Des responsables des structures relevant du ministère ont enfin apporté des précisions sur la qualité de l’eau potable, les ressources hydriques, la production agricole, la santé animale, la pêche, la recherche scientifique, les terres domaniales et les forêts. Ils ont indiqué que des efforts se poursuivaient pour remédier aux insuffisances et améliorer le fonctionnement des filières concernées.
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Auteur: Donia Zeghidi
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