Dans le cadre de sa Stratégie nationale de développement du secteur financier, le Cameroun prépare une série de réformes majeures d’ici 2030. Au programme : création d’une caisse de refinancement hypothécaire, d’une société de gestion des fonds de garantie, renforcement du recouvrement des créances et professionnalisation des métiers de la finance.
Le gouvernement camerounais veut donner un nouveau souffle à son système financier. Lancée par le ministre des Finances Louis Paul Motaze au mois de mai dernier, la Stratégie nationale de développement du secteur financier, (SNDSF) vise à faire du Cameroun, à l’horizon 2030, un pays disposant d’« une place financière capable de soutenir la transformation structurelle de son économie ».
Avec une enveloppe prévisionnelle de 102 milliards FCFA, la feuille de route s’articule autour de 6 axes. L’ambition est claire : porter la contribution du secteur financier au PIB de 3% actuellement à 7-10% en 2030 et gagner 2,3 points de croissance annuelle en moyenne sur la période, soit 105 milliards FCFA de recettes additionnelles par an.
De nouveaux outils pour financer l’économie
Parmi les chantiers prioritaires figure la création d’une caisse de refinancement hypothécaire. L’objectif est de pallier le déficit de logement estimé à 2,5 millions d’unités et de débloquer le financement long terme, un maillon faible du marché.
Le gouvernement prévoit également la mise en place d’une société de gestion des fonds de garantie pour faciliter l’accès au crédit des PME. Cette mesure va de pair avec la restructuration de la Banque des PME et la création d’un fonds de refinancement des Etablissements de Microfinance(EMF).
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Assainir et professionnaliser
Autre volet clé : le renforcement du recouvrement des créances et la lutte contre le taux élevé de créances douteuses, qui atteignait 13,4% dans les banques en 2022. Un bureau d’information sur le crédit, BIC est aussi prévu pour sécuriser les prêts.
Pour étoffer l’écosystème, Yaoundé mise sur la formation aux métiers de la finance et sur l’incitation à la transformation des EMF en banques commerciales. L’objectif : passer de 16 à 30 banques d’ici 2030.
En densifiant la bancarisation et en complétant l’intermédiation financière, le Cameroun espère attirer investisseurs et diaspora. Une réforme de fond pour rendre le système financier plus inclusif, plus solide et véritablement au service du développement.
Auteur: Arnaud Nicolas MAWEL
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