Chambre criminelle du TGI de Fada N’Gourma : Une troisième session spéciale pour apurer 54 dossiersChambre criminelle du TGI de Fada N’Gourma : Une troisième session spéciale pour apurer 54 dossiers
Le greffe a fait lecture de l’ordonnance portant fixation de la session criminelle.

La chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma tient, du 15 au 28 juin 2026, sa 3e session spéciale de l’année, consacrée à l’examen de 54 dossiers portant notamment sur des faits de meurtre, d’assassinat, de vol aggravé, de viol aggravé et de détournement de deniers publics.

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma veut apurer intégralement le passif des dossiers criminels avant les vacances judiciaires. En effet, après deux sessions spéciales organisées, respectivement, en mars et en avril 2026, la juridiction a ouvert, lundi 15 juin 2026, une troisième session criminelle spéciale. Prévue pour se tenir jusqu’au 28 juin prochain, cette session est consacrée à l’examen de 54 dossiers impliquant 143 accusés, dont 13 toujours en détention. Au total, 18 audiences sont programmées au siège du TGI et à la Cour d’appel de Fada N’Gourma. Les affaires inscrites au rôle concernent notamment des faits de meurtre, d’assassinat, de vol aggravé, de viol aggravé et de détournement de deniers publics.

Cette session est consacrée à l’examen de 54 dossiers impliquant 143 accusés, dont 13 toujours en détention.

Selon le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo, ces infractions sont passibles des peines les plus sévères prévues par le Code pénal burkinabè, allant de dix à trente ans d’emprisonnement selon les circonstances, avec comme peine maximale la réclusion criminelle à perpétuité. Par ailleurs, le procureur Ouédraogo a indiqué que cette session spéciale vise à apurer le stock de dossiers criminels en attente de jugement. Il a fait savoir que certaines affaires remontent à plusieurs décennies, notamment aux années 1995, 2001 et 2002. « Il s’agit d’un stock qui comporte de vieilles affaires portant sur des faits de droit commun. L’objectif est d’apurer les dossiers criminels conservés dans nos casiers afin de pouvoir traiter avec davantage d’efficacité et de célérité les nouvelles affaires qui seront enregistrées », a-t-il expliqué.

Des audiences ouvertes au public

Selon le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo (milieu), l’objectif est d’apurer le passif des dossiers criminels.

Ce stock de dossiers, a précisé le président du TGI de Fada N’Gourma, Mahamed Dielo, sa juridiction l’a hérité de la Cour d’appel de Fada N’Gourma. « Ce stock n’est pas né du chef du TGI de Fada. Il est le résultat des reformes législatives marquées notamment par la création de chambres criminelles au sein des TGI. Du fait de ces réformes, la Cour d’appel de Fada a fait redescendre les dossiers au TGI. C’est ainsi que nous avons hérité de ce passif », a-t-il expliqué avant de saluer de vives voix l’engagement des acteurs judiciaires mobilisés. En fait, au-delà du jugement des dossiers, a-t-il rappelé, il y a tout un travail de rédaction des décisions. « Et les juges sont fortement sollicités. Leur engagement témoigne d’un véritable esprit de sacrifice et de professionnalisme », a-t-il reconnu.

Le président du TGI de Fada N’Gourma, Mahamed Dielo (micro), a précisé que sa juridiction a hérité du stock de dossiers de la Cour d’appel de Fada N’Gourma.

En outre, le procureur Ouédraogo a indiqué que les procès revêtent une dimension pédagogique importante. A ce titre, il a invité les populations, particulièrement les élèves et les étudiants, à assister massivement aux audiences. « Le procès est pédagogique. Chaque fois que l’on assiste à une audience, on en ressort avec des enseignements utiles pour mieux vivre en société. Des citoyens posent parfois des actes sans en mesurer les conséquences. En suivant les débats, ils prennent conscience de la gravité de certaines infractions et des sanctions encourues », a-t-il souligné.

Pour le président du TGI de Fada N’Gourma, Mahamed Dielo, il ne faut pas attendre d’être intéressé par un dossier avant de suivre un procès. « On a l’habitude de dire que nul n’est censé ignorer la loi. Mais dans la réalité, on sait que tout le monde n’est pas érudit des affaires juridiques. Au détour d’une audience, on découvre que telle infraction est réprimée selon telle procédure et l’on prend désormais garde à ses actes. C’est comme ça que la justice participe à la sensibilisation et à la divulgation des textes juridiques », a-t-il conclu.

Joanny SOW

Kanlou SANDAMBA (Stagiaire)

Auteur: BH SIDWAYA
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