Choc énergétique :  pas de demi-mesures pour la Béac et la CemacChoc énergétique : pas de demi-mesures pour la Béac et la Cemac
Choc énergétique :  pas de demi-mesures pour la Béac et la Cemac

Le 15 avril 2026 à Washington, le message de Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international, à l’occasion des réunions annuelles de la Banque mondiale et du FMI , a le mérite d’être clair : l’heure n’est plus aux largesses désordonnées.

Quand le pétrole s’agite, l’économie mondiale tousse et la Banque des États de l’Afrique Centrale se retrouve une fois de plus face à un exercice d’équilibriste : contenir l’inflation importée sans étouffer une croissance déjà fragile.

En effet, Washington accueille les réunions du Printemps de la Banque mondiale et du FMI.Des rencontres qui se déroulent dans un contexte de guerre au Moyen-Orient. Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire, a donc tiré la sonnette d’alarme face au choc énergétique.Pour les économies de la Cemac, l’alerte n’a rien d’abstrait. Car derrière le choc énergétique se cache une vieille connaissance : la vulnérabilité structurelle. Quand les prix du brut grimpent, les recettes publiques sourient… mais les dépenses, elles, s’emballent. Subventions tous azimuts, exonérations improvisées, mesures d’urgence peu ciblées : le réflexe budgétaire reste souvent plus émotionnel que stratégique.Or, comme le rappelle le Fonds monétaire international, la fête du “quoi qu’il en coûte” a déjà laissé une addition salée. Avec une dette mondiale flirtant avec les 94 % du PIB, et une trajectoire vers les 100 % en 2029, l’heure n’est plus aux largesses désordonnées. En zone Cemac, où les marges budgétaires sont étroites, chaque francCfa dépensé devrait théoriquement être traité comme un investissement, pas comme un pansement.

La vraie question devient alors presque philosophique : dépense-t-on pour calmer la douleur ou pour guérir la maladie ? Subventionner indistinctement les carburants peut apaiser à court terme, mais cela entretient une dépendance coûteuse. À l’inverse, investir dans l’efficacité énergétique ou les infrastructures productives relève d’un pari plus exigeant, mais durable.Preuve de prudence Dans ce contexte, la Béac n’est pas seule à devoir faire preuve de prudence. Les États membres sont invités à revoir la qualité de leurs dépenses publiques. Autrement dit, passer du réflexe “arrosoir” à la logique “ciblée”. Moins de dépenses spectaculaires, plus de dépenses efficaces. Moins de court terme politique, plus de long terme économique.L’humour de la situation, s’il en est un, tient dans ce paradoxe : les pays producteurs de pétrole peuvent souffrir… d’un pétrole trop cher. Comme quoi, même l’or noir peut donner des sueurs froides.Reste à savoir si, face à ces chocs exogènes à répétition, la Cemac choisira de réagir ou enfin d’anticiper. Parce qu’à force de gérer les urgences, on finit parfois par oublier l’essentiel : construire la résilience. Et là, ni la Béa, ni les États ne pourront se contenter de demi-mesures.

Léon Mgba

Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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