Code du Travail: la modernisation, un impératif stratégique pour l’entrepriseCode du Travail: la modernisation, un impératif stratégique pour l’entreprise

Dans un contexte économique mondial en pleine mutation, le cadre législatif régissant les relations professionnelles au Maroc se trouve à la croisée des chemins. Pour la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), la modernisation du Code du travail n’est plus une simple option, mais une nécessité urgente pour garantir la compétitivité nationale et l’épanouissement social.

C’est dans cet esprit que la Commission sociale de la CGEM a organisé, le 21 avril 2026 à Casablanca, un tour de table de haut niveau consacré aux enjeux de cette réforme et à leurs impacts opérationnels directs pour les entreprises. Cette rencontre s’inscrit dans un calendrier institutionnel dense, marqué par le bilan de la présidence de Chakib Alj pour la période 2023-2026 et les préparatifs du prochain mandat. Le message porté par les experts et les dirigeants présents lors de ce débat est clair : le texte actuel doit impérativement s’adapter aux nouvelles réalités du monde du travail. La CGEM insiste particulièrement sur l’intégration de la numérisation et des formes de travail modernes (telles que le télétravail ou le travail hybride), qui ne sont pas encore suffisamment encadrées par la législation actuelle.

L’idée force qui a émergé de cette rencontre est que la modernisation du Code ne peut se limiter à une révision théorique de textes juridiques. Elle doit impérativement s’appuyer sur la pratique réelle du terrain et les expériences concrètes des entreprises.

Le diagnostic des experts : entre droit et pratique

La force de ce débat a résidé dans la complémentarité des perspectives apportées par trois intervenants majeurs :

Le dialogue tripartite : Hicham Zouanat, président de la Commission sociale de la CGEM, a présenté l’état d’avancement du dialogue social tripartite avec le gouvernement et les syndicats.

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La Commission joue un rôle de pivot dans ces négociations, veillant à ce que les intérêts des entreprises soient représentés tout en favorisant un climat social sain.

La réalité des tribunaux : Maître Youssef Fassi Fihri a apporté un éclairage essentiel sur les lacunes du Code révélées par la pratique judiciaire. Ses analyses montrent un décalage persistant entre la loi et la manière dont les litiges sociaux sont tranchés, créant parfois une insécurité juridique pour l’employeur.

La vision du contrôle : Le Pr. Mohamed Daoudi a partagé son expertise sur les priorités de l’inspection du travail et les interprétations divergentes des textes qui peuvent freiner l’activité opérationnelle.

Identifier ces zones d’ombre est crucial pour prévenir les conflits avant qu’ils n’atteignent la sphère judiciaire.

Au-delà du Code du travail, la CGEM porte un agenda social global et ambitieux. Lors de ses échanges avec le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, la Confédération a souligné l’urgence de réformer la formation professionnelle continue.

Le constat est frappant : bien que l’ensemble des entreprises cotisent pour le financement de cette formation, seulement 1 % d’entre elles en bénéficient réellement. Pour la CGEM, il est temps de passer du diagnostic à l’exécution pour faire de la formation un véritable levier de compétitivité.

Parallèlement, d’autres chantiers législatifs attendent des réponses concrètes :

Le droit de grève : l’organisation patronale appelle à une accélération de la publication des décrets d’application de la loi sur la grève afin de clarifier les droits et devoirs de chaque partie.

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La protection sociale : la Commission sociale accompagne activement les entreprises dans le chantier royal de généralisation de la protection sociale.

Les retraites : un appel a été lancé pour engager une réforme équilibrée et durable des systèmes de retraite afin d’assurer leur pérennité à long terme.

Enfin, cette mobilisation démontre que la Commission sociale de la CGEM, présidée par Hicham Zouanat, ne se contente pas d’un rôle de défenseur des intérêts corporatistes. Elle se positionne comme un laboratoire pour la responsabilité sociale des entreprises (RSE), la diversité et l’innovation sociale.

En plaidant pour un Code du travail plus souple et plus moderne, la CGEM cherche à créer un environnement où la sécurité juridique de l’entreprise et la protection des salariés convergent vers un objectif commun : la croissance économique durable du Maroc.

Auteur: Hassan Manyani
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