Après plusieurs trimestres de détente, le coût du crédit bancaire au Maroc amorce un léger mouvement de remontée. Au deuxième trimestre 2026, le taux débiteur global atteint 4,81%, contre 4,66% trois mois auparavant. Cette hausse reste limitée, mais elle intervient dans un contexte où les conditions de financement demeurent relativement accommodantes.
Le crédit bancaire marocain connaît un léger changement de trajectoire. Selon la dernière enquête de Bank Al-Maghrib sur les taux débiteurs, le taux moyen appliqué par les banques a progressé de 15 points de base au deuxième trimestre 2026, pour atteindre 4,81%, contre 4,66% au trimestre précédent. Cette remontée met fin à plusieurs trimestres de baisse progressive du coût du financement.
La hausse reste toutefois modérée et ne remet pas en cause, à ce stade, le caractère relativement favorable de l’environnement monétaire. Le taux directeur de Bank Al-Maghrib est maintenu à 2,25%, après la décision prise par le Conseil de la banque centrale le 23 juin dernier. L’institution monétaire continue ainsi de privilégier un équilibre entre le soutien au financement de l’économie et la vigilance face aux incertitudes qui entourent l’évolution des prix et de la conjoncture internationale.
Des écarts importants selon les crédits
Derrière la moyenne nationale se cachent des différences significatives selon la nature des financements. Les facilités de trésorerie affichent un taux moyen de 4,63%, tandis que les crédits à l’équipement ressortent à 4,65%. Ces deux catégories, largement utilisées pour financer respectivement les besoins de trésorerie et les investissements des entreprises, restent ainsi parmi les financements les moins coûteux.
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À l’inverse, le coût augmente sensiblement pour les ménages. Les crédits immobiliers atteignent en moyenne 5,06%, alors que les crédits à la consommation demeurent les plus chers, avec un taux moyen de 6,81%. L’écart traduit notamment la différence de risque entre les catégories d’emprunteurs ainsi que les maturités et les garanties associées aux différents produits de crédit.
Les entreprises mieux servies que les particuliers
L’enquête de Bank Al-Maghrib fait également ressortir une différence nette entre entreprises et particuliers. Les sociétés non financières bénéficient d’un taux moyen de 4,71%, contre 5,59% pour les particuliers.
Cette différence s’explique notamment par la taille des financements et par la capacité de négociation dont disposent les entreprises, en particulier les plus importantes. Les conditions d’accès au crédit restent donc étroitement liées au profil de risque et à la solidité financière de l’emprunteur.
Cette réalité apparaît encore plus clairement lorsqu’on compare les entreprises selon leur taille. Les grandes entreprises empruntent en moyenne à 4,56%, tandis que les TPE et PME supportent un taux de 5,20%. L’écart atteint ainsi 64 points de base.
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Cette prime appliquée aux petites structures constitue un enjeu important pour le financement de l’économie marocaine. Alors que les PME constituent une composante essentielle du tissu productif, leur perception comme emprunteurs plus risqués peut renchérir leur accès au financement et limiter leur capacité à investir.
Un signal à surveiller
La remontée du taux débiteur moyen ne constitue pas encore un retournement majeur de la politique monétaire. Avec un taux directeur maintenu à 2,25%, Bank Al-Maghrib conserve une orientation compatible avec le soutien à l’activité économique.
Elle constitue néanmoins un signal à surveiller. Après la période de détente observée ces derniers trimestres, les conditions de financement pourraient désormais entrer dans une phase de stabilisation plutôt que de baisse continue.
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Pour les entreprises, notamment les PME, la question centrale reste donc celle du coût réel du financement et de l’accès au crédit. Pour les ménages, la remontée des taux se fait davantage sentir sur les crédits immobiliers et surtout à la consommation. À 6,81%, ces derniers demeurent nettement plus coûteux que les financements destinés aux entreprises.
Le Maroc conserve ainsi un environnement de crédit globalement favorable, mais la période de baisse généralisée semble marquer une pause. Dans un contexte international encore incertain, l’évolution des taux débiteurs au cours des prochains trimestres permettra de déterminer s’il s’agit d’un simple mouvement ponctuel ou du début d’une nouvelle phase pour le financement de l’économie.
Auteur: Ismail Saraoui
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