Le refus des familles reste le principal frein à la greffe d’organes en Tunisie : 70 % d’entre elles s’opposent au prélèvement sur un proche décédé, selon le Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO).
Le centre a organisé jeudi, au siège du gouvernorat de Nabeul, une journée de sensibilisation consacrée à l’inscription de la mention « donneur » sur la carte d’identité nationale, rapporte l’agence TAP. Elle s’est tenue en collaboration avec la direction régionale de la santé et les services du ministère de l’Intérieur.
17 000 Tunisiens portent la mention « donneur »
Selon la coordinatrice nationale du CNPTO, Bouthaina Zenned, 17 000 citoyens ont aujourd’hui la mention « donneur » sur leur carte d’identité.
Face au taux de refus des familles, le centre axe ses campagnes sur l’importance de cette mention.
Des besoins qui augmentent chaque année
D’après la responsable, quelque 14 000 patients sont sous dialyse, dont 30 % auraient besoin d’une greffe de rein. 1 600 patients sont inscrits sur la liste d’attente, qui s’allonge d’environ 300 malades par an.
En parallèle, le nombre de greffes à partir de donneurs en état de mort cérébrale ne dépasse pas 30 par an, auxquelles s’ajoutent 80 greffes à partir de donneurs vivants.
La situation est plus difficile encore pour les patients ayant besoin d’une greffe de cœur ou de foie, seule option thérapeutique dans leur cas. Ils sont environ 50 par an, alors que le nombre de greffes de ce type à partir de donneurs décédés est de 12 pour le cœur et 12 pour le foie par an.
Un cadre légal et six hôpitaux habilités
Le coordinateur national du CNPTO, Mohamed Hédi Fakraoui, a souligné que le don d’organes s’effectue dans un cadre juridique clair, exclusivement dans six hôpitaux publics, et qu’il n’est pas contraire aux principes de l’islam.
La journée visait notamment les services de la police technique et scientifique, pour faciliter l’ajout de la mention « donneur » lors de l’établissement ou du renouvellement des cartes d’identité. Elle s’adressait aussi à la police et à la garde nationale de la circulation, dont le rôle est clé lors du transport d’un organe d’un gouvernorat à l’autre.
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Auteur: Tunisie Numérique
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