L’Observatoire tunisien de l’eau appelle à un programme d’investissement d’urgence pour renouveler les réseaux d’eau potable et d’irrigation, réduire les fuites et soutenir la SONEDE. Selon lui, l’amélioration des réserves des barrages au printemps 2026 ne s’est pas traduite par une meilleure distribution cet été.
L’observatoire a présenté ses recommandations jeudi à Tunis, lors d’un colloque intitulé « Quelle réalité hydrique après l’été 2026 ? », rapporte l’agence TAP.
Des pertes estimées à 23 % dans le réseau d’eau potable
Selon l’observatoire, le taux de pertes physiques d’eau dans les réseaux de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) a atteint 23 % durant l’été 2026, et environ 30 % dans les réseaux publics d’irrigation.
Il relève des perturbations répétées dans la distribution, une pression touristique sur les ressources au Sahel et au Cap Bon, ainsi que des pénuries dans des zones voisines des barrages, liées à des défaillances de groupements hydrauliques dans le Nord-Ouest.
« Stress hydrique » et nappes surexploitées
Le coordinateur de l’observatoire, Alaa Marzouki, a présenté un rapport s’appuyant, selon lui, sur des documents du ministère de l’Agriculture et sur un récent rapport de la Banque mondiale.
D’après les chiffres qu’il a exposés, la part de ressources en eau par habitant se situe entre 380 et 430 m³ par an, contre environ 500 m³ auparavant, et pourrait tomber à quelque 200 m³ à l’horizon 2050.
Il estime le prélèvement annuel des eaux souterraines à environ 3 217 millions de m³, pour des ressources renouvelables évaluées à 2 412 millions de m³. Toujours selon l’observatoire, près de 33 000 puits anarchiques pomperaient illégalement quelque 827 millions de m³ par an, soit 26 % des prélèvements nationaux.
Code des eaux et eaux usées traitées
L’observatoire appelle à accélérer l’adoption du Code des eaux, à activer les structures chargées de lutter contre le forage illicite, à soutenir les groupements hydrauliques et à régler le problème de leurs dettes énergétiques.
Il recommande également de compléter le cadre législatif pour porter le taux de valorisation des eaux usées traitées de 10 % actuellement à 80 % d’ici 2050, objectif également fixé par la stratégie nationale de l’eau à cet horizon.
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Auteur: Tunisie Numérique
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