La campagne électorale et son lot de boules puantes, de l’extrême gauche à l’extrême droite tout l’échiquier politique sera arrosé et certains copieusement éclaboussés. Pour ceux qui en doutaient encore les élections de 2027 seront sacrément mouvementées, avec des empoignades et un niveau de violence inédit sous la 5e République. Pourquoi ? D’abord parce que les favoris pour le deuxième tour de la présidentielle dans les sondages sont les extrêmes – droite et gauche -, un schéma tantôt troublé par le très placide et soporifique ancien Premier ministre Edouard Philippe (étiqueté au centre). On le sait, les extrêmes n’ont pas la réputation de faire dans la dentelle, il faudra s’attendre à ce que leurs méthodes musclées se retournent contre eux. On a démarré en trombe avec le camp de Marine Le Pen, le Rassemblement national (RN) ; le président du RN, Jordan Bardella, est englué dans un scandale autour de propos antisémites dont il ne se relèvera pas. Le curseur vire vers la gauche ce lundi 5 octobre.
Ça lui collera aux basques, comme les lourds secrets de Bardella
Encore une histoire de fuite, explosive comme toujours dans un bouillonnement électoral. La vidéo de l’étoile montante de la gauche, Raphaël Glucksmann, lui collera aux basques, comme le déballage de Mediapart empoisonnera la vie de Bardella. Le candidat à la primaire de la gauche aurait dû demander des conseils à sa compagne, la très chevronnée journaliste Hala Léa Sala, présentatrice du journal télévisé de 20 heures et de l’émission « Quelle Epoque!« , sur France 2…
Dans des extraits d’une vidéo qui met le feu sur les réseaux sociaux, Glucksmann dit qu’il «pisse» sur le leader de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon et accuse l’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal d’avoir «fait la danse du ventre» devant le président Emmanuel Macron. Le tollé monte sur la place publique – c’est d’ailleurs le nom de la formation de Glucksmann – et les deux « victimes » de l’eurodéputé socialiste n’ont pas caché leur courroux.. Ou plutôt ont fait mine de s’énerver car au fond ce dérapage les sert politiquement.
Dans un premier extrait on voit Glucksmann évoquer le débat du Medef fin août dernier, auquel il avait pris part avec les 6 autres candidats à la présidentielle, dont Mélenchon et Mme Le Pen. Dans ce film on l’entend dire que «sur les questions économiques», les deux candidats «étaient méga à la ramasse (…) Je l’ai vu les yeux perdus Mélenchon, dans ce débat (…) Qu’est-ce qui s’est passé derrière ? (…) Le Pen a ramené (le sujet du) voile» dans le débat politique. «Et lui (Jean-Luc Mélenchon, N.D.L.R.), il a remis l’abaya. Ils ont réagi en symétrie. On leur pisse dessus, on va pas rentrer dedans», s’emporte-t-il.
Mélenchon s’est fendu d’un commentaire assassin sur X : «R. Glucksmann prétend qu’il me » pisse dessus « . Il y a peu, il annonçait qu’il allait me » plier » (…) On voit comment il adopte la » méthode de la nuance » qu’il recommande et le » refus de la brutalisation du débat » qu’il proclame».
Dans une seconde vidéo, l’eurodéputé tombe à bras raccourci sur sa rivale dans la primaire de la gauche, Mme Royal, l’accusant d’avoir fait «la danse du ventre à Macron» ces dernières années alors que lui trime «depuis sept ans et demi au Parlement européen»…
Un gros contentieux avec l’amie de l’Algérie et de la Palestine
L’ancienne ministre a fustigé sur X «le sexisme consternant de cette remarque immature» et «une contre-vérité», déclarant qu’elle avait été «révoquée» de son poste d’ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique pour avoir «dénoncé la violence de la répression contre les gilets jaunes et refusé de (se) taire, comme le demandait Emmanuel Macron». Alors elle s’est déportée sur d’autres terrains, comme par exemple la réconciliation entre Alger et Paris (elle est d’ailleurs la présidente de l’Association France-Algérie).
Dans le même extrait Glucksmann canarde aussi la direction «soi-disant gauchiste» du Parti socialiste (PS), qui était «sur des positions qui au départ n’étaient pas anti-Macron» et «qui aujourd’hui donne des leçons». Il a tenu ces propos incendiaires à la veille du dernier débat télévisé des candidats à la primaire à gauche, des confidences qui étaient censées être privées – comme les échanges de Bardella – mais qui ont fini par atterrir chez Le Media, support en ligne réputé proche de la gauche radicale.
L’eurodéputé était en présence du président du groupe socialiste au Parlement, Boris Vallaud, avec vraisemblablement d’autres militants. Sollicitée par les médias pour un commentaire, l’équipe de Glucksmann a préféré se murer dans le silence. On comprend leur embarras. Ils mettent certainement à profit ce temps pour préparer le face-à-face avec Mme Royal, ça va tanguer. On se souvient du premier débat, quand l’ancienne ministre avait qualifié Glucksmann de « stagiaire » pas suffisamment aguerri pour la fonction présidentielle…
On se souvient également de leur passe d’armes autour d’Israël, Mme Royal n’ayant pas hésité à qualifier de « génocide » l’action de Benjamin Netanyahu à Gaza, ce que l’eurodéputé a refusé de faire. Leur deuxième débat sera épique, attisé par le déballage sur le chef de file de Place publique. On peut difficilement imaginer que sous la glace Glucksmann se cache ce feu. Bon, il n’est pas le seul, tout le personnel politique planque le pire et tente de « commercialiser le meilleur ». C’est ça qui explique leur discrédit croissant, à mesure qu’on en sait plus sur les cadavres dans les placards.
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Auteur: Souleymane Loum
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