Harcèlement et promesses de fraude : Prison ferme pour le directeur d’un lycéeHarcèlement et promesses de fraude : Prison ferme pour le directeur d’un lycée

Preuves accablantes
Au moment où les élèves de terminale affrontaient la pression du baccalauréat, un directeur de lycée aurait exploité leur vulnérabilité en leur promettant une aide frauduleuse aux examens contre leur soumission à ses avances. Grâce aux plaintes de deux lycéennes, à des enregistrements et à une vidéo jugée accablante, l’affaire a conduit à sa condamnation par le tribunal de première instance d’Agadir à un an de prison ferme, une amende et des dommages et intérêts au profit de la partie civile.

Ce mercredi 3 juin, au box des accusés à la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance à Agadir se tient, en état d’arrestation, le directeur d’un lycée relevant de la direction provinciale d’Agadir-Ida-Outanane.
En effet, l’histoire a commencé dans la discrétion pesante des fins d’année scolaire, lorsque les élèves du terminale, rongées par l’angoisse du baccalauréat 2025, étaient particulièrement vulnérables. C’est précisément cette fragilité que le directeur avait choisi d’exploiter. Sous couvert de bienveillance administrative, il avait progressivement tissé une toile autour de certaines élèves, brouillant les frontières entre l’autorité institutionnelle et la manipulation personnelle. Il leur suggérait, avec une familiarité calculée, d’oublier sa fonction et de le considérer autrement.
Les rencontres avaient ensuite quitté l’enceinte scolaire. Hors des murs de l’établissement, loin des regards des collègues et des camarades, il avait tenté des gestes déplacés. Pour s’assurer de leur coopération, il brandissait une promesse aussi séduisante qu’illégale : les aider à tricher lors des examens nationaux, affirmant contrôler les équipes de surveillance. Une aide qui n’était pas gratuite. En échange, il réclamait leur soumission à ses désirs. L’une des victimes avait refusé. Catégoriquement. Et c’est là que le masque du protecteur avait définitivement cédé la place au visage de la vengeance. Lors de l’examen de philosophie, le directeur, présent dans la salle, l’avait publiquement accusée de tricherie ; une accusation infondée, destinée à la déstabiliser et à punir son refus. La lycéenne, perturbée, avait subi l’humiliation en plein examen, privée de la concentration qu’elle avait mis des mois à construire. Mais elle n’avait pas capitulé. Armée d’un courage que la honte aurait pu étouffer, elle avait documenté les faits. Une courte vidéo, saisie au bon moment, montrait sans ambiguïté le directeur l’incitant lui-même à utiliser une méthode de fraude via le fameux «VIP», lui promettant l’impunité totale en échange de sa soumission. Ce document allait devenir la pièce maîtresse d’un dossier judiciaire. Sa plainte déposée auprès du procureur du Roi décrivait avec précision les harcèlements psychologiques, moraux et les tentatives d’extorsion dont elle avait été victime. Une autre élève avait fait de même. L’association des parents d’élèves, elle aussi alertée, était entrée dans la bataille juridique, apportant des enregistrements audio attestant d’un comportement systématique. Un huissier de justice avait dressé un procès-verbal. Les téléphones du prévenu et des victimes, soumis à expertise, avaient livré leurs secrets : des conversations explicites et des promesses d’intervention lors des examens officiels. Confronté à l’accumulation des preuves, le directeur avait été suspendu de ses fonctions.
La chambre correctionnelle du tribunal de première instance d’Agadir a examiné l’affaire, ce troisième jour du mois de juin 2026, avec minutie. Au terme de ce processus, le verdict est tombé : un an de prison ferme assortie d’une amende de cinq cents dirhams, et dix mille dirhams de dommages et intérêts versés à la partie civile.

Auteur: Abderrafii ALOUMLIKI
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.