Hommage à Mohamed Mehrezi: Le journaliste, l’ambassadeurHommage à Mohamed Mehrezi: Le journaliste, l’ambassadeur

Avec la disparition du journaliste et de l’ambassadeur Mohamed Mehrezi, fin juillet, à l’âge de 92 ans, c’est une page riche en souvenirs de l’histoire des premières années de l’indépendance de la Tunisie qui se ferme. Sadikien, bilingue, avant de maîtriser l’anglais, grand de taille, et la moustache fournie, il avait été pendant de longues années aux côtés de Bourguiba, le magnétophone porté en bandoulière. Recruté par la Radio tunisienne en 1956, il avait fait partie de la toute jeune équipe de journalistes devant assurer la relève, couvés par Béchir Mhadhebi, Béchir Ben Yahmed, Hamed Zeghal, Mohamed Ben Smail et Chedli Klibi.Mohamed Mehrezi sera de tous les grands évènements en Tunisie, de tous les voyages présidentiels à l’étranger. On le retrouve à Washington DC en mai 1961, lorsque le président américain John F. Kennedy, fraîchement élu, recevait son premier hôte, le président Bourguiba. Mehrezi ne ratera aucun détail sonore. Il accompagnera Bourguiba en visite officielle en Arabie saoudite, jusqu’à La Mecque, lors de la Omra, avec le rare privilège de pénétrer à l’intérieur de La Kaaba… Il ne le quittera pas d’une semelle, jusqu’à ce qu’une opportunité de carrière lui soit offerte. Mohamed Mehrezi s’engagera en 1963 dans la diplomatie publique, nommé chef du bureau de l’information de l’ONU à Tunis. Il passera trois années avec les Nations unies, avant d’être rappelé par Bourguiba en 1966 pour présider au journal télévisé de la nouvelle chaîne toute naissante. Le style, le ton, la diction et l’image fascineront les téléspectateurs. Une véritable école tunisienne de journalisme radiophonique et télévisé est née.Cinq ans après, il intègrera le ministère des Affaires étrangères et commencera alors une carrière diplomatique. Mohamed Mehrezi sera affecté à Londres en 1970 en qualité de conseiller diplomatique. Son retour à Tunis coïncidera avec la délocalisation du siège de la Ligue des États arabes et la nomination de Chedli klibi à la tête de son secrétariat général… Il y sera appelé en tant que directeur du protocole (1978-1981).

Bourguiba le nommera ambassadeur de Tunisie au Qatar et à Bahreïn avec résidence à Doha (1981-1986), puis de retour au ministère, il sera chargé de l’information (1986-1989). Dernier poste à l’étranger, Mohamed Mehrezi sera affecté en 1989 à Prague où il restera cinq ans, jusqu’à son départ à la retraite en 1994. Réservé, gardant sa bonne allure et toujours élégant, Mohamed Mehrezi livrera quelques souvenirs, avant son décès, sans jamais tout révéler.

Paix à son âme.

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