L’annonce du ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, concernant l’interdiction envisagée des sorties des élèves des établissements scolaires à partir d’octobre soulève la question des moyens nécessaires à son application, notamment pendant les heures libres ou en cas d’absence des enseignants.
Dans une déclaration exclusive à Tunisie Numérique, le député Mounir Kamouni, vice-président de la commission de l’éducation à l’Assemblée des représentants du peuple, soutient cette orientation. Il estime toutefois que sa réussite nécessite de renforcer les infrastructures et les effectifs d’encadrement, tout en prévoyant des mesures d’accompagnement.
Une demande motivée par la protection des élèves
Mounir Kamouni explique que l’interdiction des sorties répond à une demande formulée depuis un certain temps afin de protéger les élèves des comportements à risque dans l’environnement scolaire.
Il justifie son soutien par ce qu’il décrit comme une hausse de la violence aux abords des établissements, ainsi que par les risques liés à la drogue et au harcèlement. Cette question avait été soulevée au sein de la commission de l’éducation avant les vacances parlementaires, précise-t-il.
Pour le député, l’enjeu central reste la capacité du ministère à réunir les conditions nécessaires à la mise en œuvre de cette orientation.
Des salles d’étude et des restaurants à prévoir
Le vice-président de la commission souligne que plusieurs établissements ne disposent ni de salles d’étude ni de restaurants scolaires. D’autres connaissent une forte densité d’élèves dans les classes.
Selon lui, ces insuffisances constituent un obstacle au maintien des élèves dans l’enceinte scolaire pendant les périodes sans cours. Il estime donc nécessaire de répondre aux besoins en infrastructures parallèlement à l’application de la mesure annoncée.
Le manque de surveillants au cœur des difficultés
Mounir Kamouni insiste sur le rôle déterminant du personnel. Il fait état d’un manque qu’il qualifie de sévère en surveillants, surveillants généraux et personnel d’encadrement dans de nombreux établissements, auquel s’ajoute une pénurie d’agents de service.
Ces postes vacants réduisent, selon lui, la capacité à prendre en charge les élèves durant les heures libres ou en cas d’absence des enseignants. Il pointe également l’absence de mécanismes permettant de répondre aux vacances de postes imprévues.
Le député demande ainsi un ensemble de mesures complémentaires : pourvoir les postes vacants, ouvrir des concours de recrutement de surveillants, régulariser les situations et dossiers en suspens, et mettre en place un dispositif de remplacement des enseignants temporairement absents.
Il affirme par ailleurs que certains élèves n’ont toujours pas pu rejoindre leurs classes depuis le début de l’année scolaire en raison de l’absence d’un instituteur ou d’un professeur. Une situation qui nécessite, à ses yeux, une réponse.
Les priorités de la commission examinées vendredi
Mounir Kamouni annonce également que la commission de l’éducation tiendra vendredi une réunion consacrée à ses priorités de travail, notamment à la proposition de loi relative aux structures sportives.
Concernant la rentrée parlementaire, il indique qu’aucune correspondance officielle précisant sa date ne lui était parvenue au moment de sa déclaration. Il s’attend néanmoins à une reprise dans les prochains jours, au début du mois d’octobre.
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Auteur: Donia Zeghidi
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