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La mobilisation est générale. La Commission européenne vient d’annoncer le déblocage de 10 millions d’euros supplémentaires pour réagir à l’une des invasions de criquets pèlerins les plus graves que l’Afrique de l’Est ait connues depuis des décennies. Cette invasion pourrait avoir des conséquences sur la sécurité alimentaire.

Les criquets pèlerins sont considérés comme l’organisme nuisible migratoire le plus dévastateur du monde. Leurs essaims peuvent atteindre des tailles gigantesques. Au Kenya, l’un d’entre eux a été estimé à 2.400 km² (soit presque l’équivalent de la taille d’une ville comme Moscou ou Luxembourg).

Un tel essaim contiendrait quelque 200 milliards de criquets et chacun dévore chaque jour l’équivalent de son propre poids (deux grammes), soit un total de 400.000 tonnes de nourriture. Il est capable de parcourir 150 kilomètres par jour et de ravager les moyens d’existence des populations rurales dans leur course effrénée pour se nourrir et se reproduire.

La situation en Afrique de l’Est s’est rapidement détériorée au cours du mois dernier. La longue saison des pluies, qui débutera en mars, entraînera une nouvelle vague de reproduction de l’espèce et facilitera la propagation de celle-ci dans la région.

Le Kenya, l’Éthiopie et la Somalie (les trois pays les plus touchés) font déjà état de destructions de cultures et de pâturages et les dégâts pourraient rapidement s’étendre à d’autres pays voisins, en particulier Djibouti, l’Érythrée, le Soudan du Sud, la Tanzanie et l’Ouganda. Le Yémen, le Soudan, l’Iran, l’Inde et le Pakistan sont aussi exposés à ce risque de propagation.

La récente contribution de l’UE s’ajoute au million d’euros déjà mobilisé grâce à des fonds humanitaires. Plusieurs agences des Nations unies (FAO, Bureau de la coordination des affaires humanitaires, Programme alimentaire mondial…) ont appelé la communauté internationale à agir face à ce fléau.

D’après le plan d’action de la FAO, environ 70,3 millions d’euros seront nécessaires aux activités les plus urgentes, à la fois pour la lutte contre le criquet pèlerin et pour la protection et le rétablissement des moyens de subsistance agricoles.

Après l’annonce concernant le déblocage de 10 millions d’euros, un total de 29,4 millions d’euros a été affecté à ce jour au plan d’action par l’UE et les partenaires internationaux. Afin de lutter contre ce phénomène, le Fonds fiduciaire africain de solidarité (ASTF) a fait un don d’un million à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Selon les estimations, près de 138 millions de dollars sont nécessaires pour aider les pays de la région touchés.

La situation est calme au Maroc

LA situation acridienne demeure calme au Maroc. Le Centre national de lutte antiacridienne d’Aït Melloul devait reprendre les prospections hiverno-printanières à partir de février, est-il indiqué dans le bulletin sur la situation acridienne au pays daté de janvier 2020 (http://www.criquet-maroc.ma). Parmi les 200 espèces acridiennes recensées au Maroc, seules deux menacent sérieusement les cultures et les pâturages: le criquet marocain Dociostaurus maroccanus (Thunberg) et le criquet pèlerin Schistocerca gregaria (Forskâl) (voir aussi notre édition N° 5700 du 18/02/2020).

F. Z. T.

Auteur: hlafriqi
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