La grande inconnue de la prochaine présidentielle !La grande inconnue de la prochaine présidentielle !

électrochoc
Il y a un constat impossible à nier. La prochaine présidentielle ne ressemblera à aucune autre parce qu’écrasée par des enjeux inédits et des clivages tranchants.

Outre le casting des candidats qui est en train de se mettre en place et qui pourrait s’éclaircir davantage la première semaine de juillet avec la décision du tribunal sur le sort de Marine Le Pen, il y a une grande inconnue de cette présidentielle qui pourrait fondamentalement changer la donne et démentir les prévisions. C’est le niveau de mobilisation de l’électorat français.
Il y a un constat impossible à nier. La prochaine présidentielle ne ressemblera à aucune autre parce qu’écrasée par des enjeux inédits et des clivages tranchants. C’est d’ailleurs la première fois où l’extrême droite dispose de sérieuses chances d’accéder au pouvoir. Et c’est aussi la première fois où la gauche radicale peut créer une surprise inédite et se qualifier au second tour. Et c’est surtout la première fois où la gauche de gouvernement et la droite traditionnelle peinent ensemble à trouver un candidat rassembleur, minée qu’elles sont par une paralysante guerre d’egos.
Pour beaucoup de Français, le scénario le plus plausible est celui qui va voir s’affronter en duel final l’extrême droite avec la gauche radicale. Marine Le Pen ou Jordan Bardella face à Jean-Luc Mélenchon. Éviter ce scénario nécessite un brusque réveil du centre qui peine aujourd’hui à s’affirmer, handicapé par le bilan très contestable de deux quinquennats d’Emmanuel Macron.
Devant ce qui s’apparente à un grand frisson politique, la grande inconnue de cette présidentielle demeure le degré de mobilisation des deux camps qui vont s’affronter au second tour. Le Rassemblement National a-t-il réussi sa mue d’un parti ouvertement raciste et antisémite à un parti fréquentable, compatible avec les valeurs de la République et du vivre ensemble ? La réponse à cette interrogation est décisive pour savoir si vraiment l’extrême droite était prévenue à casser ce plafond de verre qui limitait ses ambitions.
De l’autre, l’autre grande inconnue est celle de savoir si le discours et les postures de Jean-Luc Mélenchon de la France insoumise ont porté au sein d’un électorat qui traditionnellement boycotte les scrutins. Un des grands paris du grand gourou de la gauche radicale est de convaincre tous ces Français de quartier, comme on dit pudiquement pour en pas dire des Français d’origine étrangère, de prendre en masse les urnes pour lui donner la victoire désirée.
Il est vrai que Jean-Luc Mélenchon joue inconsciemment sur les peurs et les angoisses que l’hypothèse de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir suscite chez de larges franges de la société française. Cet électrochoc est susceptible, selon la logique de la France insoumise, de provoquer une forme de ruée inédite vers les urnes pour empêcher le parti de Jean- Marie Le Pen d’accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat.
Dans la réalité des faits, les deux formations extrêmes de gauche comme de droite ont élaboré un argumentaire de campagne dramatisant à outrance les conséquences de l’arrivée de l’adversaire au pouvoir.
Pour la France insoumise, si jamais le Rassemblement National gagne la bataille, ce sont les valeurs de la République, la cohésion nationale et le vivre-ensemble qui seront en danger mortel. Pour le RN, si la gauche radicale l’emporte, l’économie française sera plongée dans un tel gouffre qu’il en résulterait des crises structurelles qui vont retarder à jamais le pays.
C’est cette vision tranchante qui a de fortes chances de ramener aux urnes de manière massive les Français inquiets pour le devenir de leur pays. L’inconnue dans cette équation est de savoir qui des deux camps est le plus angoissé et donc dispose d’une capacité de mobilisation hors norme qui pourrait garantir la victoire à son chef. A ce jour, aucune analyse froide ne peut prévoir une finale de la présidentielle sans la présence des deux représentants des deux extrêmes. La mouvance du grand centre incarnée aussi bien par les héritiers d’Emmanuel Macron que par la gauche de gouvernement ou la droite républicaine peine à se donner un leadership capable de mobiliser le reste des Français allergiques aux extrêmes. Aujourd’hui en France, seule la parole radicalisée, qu’elle soit de gauche ou de droite, est audible. C’est dire à quel point les curseurs politiques ont bougé pour enterrer le vieux monde et donner naissance au seul combat des extrêmes.

Auteur: Mustapha Tossa
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