Ils restent soudés, depuis des décennies, partageant un destin économique commun, une monnaie commune – le Franc CFA – et des perspectives communes, et ce n’est pas près de changer. Cette stabilité est aussi un gage de prospérité. Les 8 pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) sont une rareté dans un continent caractérisé par des organisations régionales qui claudiquent. L’UEMOA est sans aucun doute l’une des structures les mieux outillées et les mieux intégrées. En témoigne la puissance de son marché financier, laquelle permet aux Etats-membres de lever sur place des fonds très conséquents, loin des tourments du marché international de la dette.
Le dernier exploit régional en date : les 8 pays de l’Union (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) ont commercialisé à l’étranger plus de marchandises qu’ils n’en ont importé en 2025, d’après le rapport annuel de leur Banque centrale. C’est un tournant majeur que ces nations doivent principalement à l’essor du pétrole et du gaz, des produits pour lesquels l’année 2026 aura été décisive.
L’organisation n’avait pas enregistré de tels résultats depuis 2011. L’an dernier les 8 États membres de l’Union ont dégagé un excédent commercial de 6318,2 milliards de francs CFA (9,6 milliards d’euros), dit le rapport annuel de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), exposé le mois dernier dans la capitale sénégalaise, Dakar. En 2024 le solde était dans les bas fonds, -171 milliards. C’est dire l’ampleur du boom commercial.
Mais dans cette affaire il n’y a pas que la dimension des chiffres, il y a surtout une réalité qui fait jaser mais s’impose : le Franc CFA est arrimé à l’Euro, sur la base d’une parité fixe qui permet aux bénéficiaires de se soustraire aux oscillations de l’offre et de la demande. Toutefois pour rester dans le cadre, l’UEMOA doit s’asseoir sur un bon matelas de devises. Or ces devises sont essentiellement générées par les exportations…
Des valeurs sûres
Un solde commercial excédentaire est donc un gage de soulagement des budgets nationaux déjà malmenés par la conjoncture mondiale. Sauf que certains de ces pays sont plus ou moins sous la « tutelle » d’un programme du Fonds monétaire international (FMI), et ont donc des marges de manoeuvre très ténues. De plus l’UEMOA s’est embarquée avec la CEDEAO dans le remplacement du « vestige de la colonisation » – le Franc CFA – par une autre monnaie locale, l’ECO. Le projet est noble, la vision très belle, mais attention aux risques de déraillement.
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Auteur: Souleymane Loum
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