L’Algérie projette sa puissance hors de ses frontières : L’armée signe une première depuis 1973L’Algérie projette sa puissance hors de ses frontières : L’armée signe une première depuis 1973

C’est la suite logique du déploiement au Niger des avions ce combat algériens pour épauler la junte nigérienne, harcelée jusque dans la capitale par les djihadistes. L’Algérie va muscler son dispositif avec des éléments de l’Armée nationale populaire (ANP) sur le sol nigérien, un fait inédit depuis 1973. Les deux Chambre du Parlement ont validé hier dimanche 25 octobre cette décision historique. Après le Conseil de la nation, qui a voté à l’unanimité, l’ANP a donné son aval au chef de l’Etat.

«Les députés de l’Assemblée populaire nationale ont approuvé, à la majorité absolue, la notification adressée par le président de la République concernant l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire hors du territoire national (en République du Niger)», a fait savoir l’APN dans un communiqué publié au terme du vote à huis clos.

La séance de vote, qui a été pilotée par la présidente de la Chambre basse du Parlement, Khalida Boufedeche, avait pour principal sujet «l’approbation de la notification adressée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en date du 22 octobre 2026, en vertu de l’article 91 (point 2) de la Constitution», a indiqué l’APN.

Le chef de la diplomatie, Ahmed Attaf, qui y était en tant que représentant du président de la République, a fait un «exposé relatif à la notification concernant l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire hors du territoire national (en République du Niger)», a dit la même source.

Les présidents des groupes parlementaires ont par la suite fait part de leur «entière confiance dans la sagesse» du président Tebboune. Ils ont mis en relief les «motifs ayant justifié» l’invocation de l’article 91 de la Constitution sur le déploiement des forces armées à l’étranger. Ils ont souligné les buts visés par cette opération : «protéger les intérêts énergétiques et mettre en œuvre les dispositions de l’accord bilatéral conclu entre les deux pays frères et voisins»…

Donc il ne s’agit nullement d’aller guerroyer, il est question de défendre un partenaire, de sécuriser les investissements très conséquents engagés au Niger par le groupe Sonatrach, avec la société locale des hydrocarbures, dans un pays qui partage avec l’Algérie une longue frontière terrestre. Donc en déployant ses troupes Alger sécurise aussi ses arrières, dans une région – le Sahel – en proie au terrorisme et aux activités criminelles de toutes sortes.

Depuis la fin de la brouille entre Alger et Niamey – à cause du positionnement des autorités algériennes sur le coup d’Etat du 26 juillet 2023 – le développement des relations est spectaculaire. Rappelons que le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, était en Algérie en février 2026, l’occasion de marteler l’implication totale de son pays dans le méga projet du gazoduc transsaharien (TSGP), avec le Nigéria, en direction des pays de l’Union européenne. Tout ça vaut bien un bon coup de main à Niamey, un acte que ce dernier n’oubliera pas.

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Auteur: Souleymane Loum
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