L’anglais dès le primaire en tunisie : une proposition de loi relance le débat sur la langue d’enseignementL’anglais dès le primaire en tunisie : une proposition de loi relance le débat sur la langue d’enseignement
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Une proposition de loi organique visant à renforcer l’usage de la langue anglaise en Tunisie remet au centre du débat la question de la langue d’enseignement et de son adaptation aux évolutions du monde.

Selon Hatem Labbaoui, membre du comité initiateur du texte, les conditions seraient aujourd’hui réunies pour introduire l’anglais dès la deuxième année de l’enseignement de base.

S’exprimant à ce sujet, il a estimé que l’élève tunisien est désormais plus familiarisé avec cette langue, notamment grâce à l’usage des technologies modernes, qui favorisent une exposition précoce et quotidienne à l’anglais.

Une langue jugée stratégique pour l’avenir

Pour les initiateurs du projet, l’enjeu dépasse largement le cadre éducatif. L’anglais est considéré comme un outil central dans plusieurs domaines clés, notamment l’emploi, les affaires, la recherche scientifique et la communication.

Hatem Labbaoui a insisté sur le rôle croissant de cette langue dans les échanges économiques et diplomatiques à l’échelle internationale, estimant qu’une meilleure maîtrise de l’anglais constitue aujourd’hui un levier d’intégration dans les dynamiques globales.

Il a toutefois tenu à préciser que cette orientation ne signifie pas l’abandon du français, qui continuerait à occuper une place dans le système éducatif tunisien, malgré certaines limites évoquées en termes d’usage géographique et d’opportunités économiques.

Une réforme progressive du système éducatif

Le contenu de la proposition de loi prévoit une transformation progressive mais structurée de l’enseignement des langues en Tunisie.

Le texte propose d’introduire l’anglais comme langue principale d’apprentissage dès la deuxième année du primaire. Il prévoit également son utilisation comme langue d’enseignement pour les matières scientifiques et technologiques à partir du collège, marquant ainsi un basculement significatif dans les méthodes pédagogiques.

Par ailleurs, l’anglais serait appelé à devenir une langue secondaire dans certaines transactions administratives, traduisant une volonté d’élargir son usage au-delà du cadre scolaire.

L’enseignement supérieur également concerné

La réforme envisagée ne se limite pas à l’enseignement de base et secondaire. Elle s’étend également à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique.

Selon les dispositions proposées, les établissements universitaires devraient adopter l’anglais dans les cursus liés aux domaines technologiques, aux sciences naturelles, aux sciences médicales ainsi qu’à l’économie. Cette orientation s’inscrit dans une logique d’alignement avec les standards académiques internationaux et de renforcement de la compétitivité des diplômés tunisiens.

Un débat relancé au sein des institutions

La Commission de l’éducation a entamé les auditions autour de cette proposition de loi, ouvrant ainsi une nouvelle phase de discussions institutionnelles.

Ce projet, qui touche à des questions sensibles liées à l’identité linguistique, à la qualité de l’enseignement et à l’intégration économique, devrait susciter un débat approfondi entre les différents acteurs concernés.

À travers cette initiative, les promoteurs du texte cherchent à adapter le système éducatif tunisien aux mutations globales, tout en tentant de concilier ouverture internationale et équilibre linguistique.

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Auteur: balkis T
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