Le lipœdème : Une maladie méconnue et sous-diagnostiquéeLe lipœdème : Une maladie méconnue et sous-diagnostiquée

Cette maladie chronique touche une proportion importante de femmes.

Sensibilisation : La première rencontre grand public consacrée au lipœdème, organisée par la Société marocaine du lipœdème et des pathologies associées, vise à sensibiliser à cette maladie chronique méconnue, à encourager le diagnostic précoce et à améliorer la prise en charge des patientes.

A l’occasion de la Journée internationale du lipoedème, l’Association marocaine du lipœdème et des maladies associées a organisé, le 10 juin 2026 à Casablanca, une rencontre de sensibilisation à cette maladie. Le lipœdème est une maladie chronique qui touche une proportion importante de femmes, mais qui demeure insuffisamment connue et diagnostiquée, notamment en raison de sa confusion fréquente avec l’obésité ou d’autres troubles de santé, ce qui retarde la prise en charge des patientes. Le président fondateur de l’Association marocaine du lipœdème et des maladies associées, Dr Fahd Benslimane, a indiqué que cette maladie touche entre 1 femme sur 9 et 1 femme sur 5 dans le monde et pourtant moins de 5 % des médecins savent l’identifier.

Les patientes attendent en moyenne 10 à 18 ans avant un diagnostic, et près d’une sur deux développe une dépression dans l’intervalle. Le spécialiste a expliqué qu’il s’agit d’une maladie chronique du tissu graisseux, quasi exclusivement féminine, caractérisée par une accumulation douloureuse et symétrique de graisse sur les jambes et les hanches, résistante au régime, au sport et à la chirurgie bariatrique. Ses causes sont biologiques: génétique (60 à 80 % des cas sont familiaux), hormonales (puberté, grossesse, ménopause) et inflammatoires. Des travaux récents ont identifié pour la première fois ses signatures moléculaires, ouvrant la voie à des traitements ciblés. Selon le Dr Benslimane, les symptômes du lipœdème apparaissent le plus souvent à la puberté et peuvent s’aggraver pendant la grossesse ou sous l’effet des changements hormonaux que connaît la femme à différentes étapes de sa vie, jusqu’à la ménopause.

Concernant le diagnostic, le président de l’association a souligné que parmi les principaux signes devant conduire à une consultation médicale figurent les douleurs chroniques ou la sensation de lourdeur dans les jambes, ainsi qu’un gonflement disproportionné et l’apparition fréquente d’ecchymoses, insistant sur l’importance de l’examen clinique et de l’échographie afin d’écarter d’autres pathologies et d’établir un diagnostic précis. Le spécialiste a relevé que le Maroc ne dispose actuellement d’aucune statistique officielle précise sur le nombre de femmes atteintes de cette maladie. Les données recueillies dans plusieurs pays montrent que cette maladie est plus répandue qu’on ne le pense généralement.

Pour sa part, le Dr Karim Benjelloun, médecin anesthésiste-réanimateur, nutritionniste et trésorier de l’association, a souligné qu’une étude de 2025 a montré que les femmes lipoedémateuses présentent un index inflammatoire alimentaire significativement élevé. Et par conséquent, modifier leur alimentation réduit ces marqueurs inflammatoires, indépendamment de toute perte de poids. Le premier essai contrôlé randomisé sur la nutrition dans le lipoedème, publié dans la revue Obesity en 2024, a démontré une réduction significative de la douleur et une amélioration de la qualité de vie dès 12 semaines. 78 % des patientes sous régime pauvre en glucides étaient répondeurs.

Auteur: ALM
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