Des milliers de pharmaciens ont convergé, jeudi 9 avril, vers la capitale Rabat pour protester devant le siège du Conseil de la Concurrence, qui a émis dernièrement un avis contesté privilégiant l’ouverture du capital des officines aux non-professionnels du secteur.
A l’appel de la Confédération des syndicats de pharmaciens du Maroc (CSPM), les protestataires ont crié haut et forme leur rejet de la réforme défendue par le Conseil, considérant qu’elle porte préjudice à l’indépendance de leur profession et à leur mission de santé publique.
Le président du CSPM, le Dr. Mohamed Lahbabi, a déclaré que l’avis en question «risque de fragiliser l’équilibre du secteur au profit d’acteurs financiers», en ce sens que l’ouverture du capital pourrait favoriser une concentration économique au détriment du maillage territorial actuel.
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«Au lieu de renforcer la concurrence, cette recommandation pourrait conduire à une concentration du marché entre les mains d’opérateurs disposant d’importantes capacités d’investissement», a-t-il insisté, au nom des participants à cette mobilisation.
Selon l’analyse d’un professionnel, la réforme envisagée va fragiliser le modèle économique des pharmacies d’officine, dans la mesure où le nouveau marché sera dominé par des chaînes de pharmacies avec un pharmacien comme simple salarié, et à côté des pharmacies indépendantes qui, à terme, risquent de disparaître (100 pharmacies indépendantes disparaissent chaque année en France).
Dans son avis consacré au fonctionnement du marché pharmaceutique, le Conseil de la Concurrence propose «d’assouplir progressivement le monopole de propriété» dont bénéficient aujourd’hui les pharmaciens. Le Conseil estime également que l’entrée d’investisseurs privés pourrait contribuer à moderniser les infrastructures, améliorer l’organisation du secteur et favoriser l’émergence de nouveaux modèles économiques.
Le Maroc compte aujourd’hui plus de 15.000 pharmaciens, avec un chiffre d’affaires estimé à près de 13 milliards de dirhams. sur un volume global d’environ 25 milliards de dirhams pour l’ensemble de la chaîne du médicament, y compris l’industrie pharmaceutique, les grossistes-répartiteurs et la distribution.
Auteur: Challenge
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