L’Economie sociale et solidaire (ESS) est le troisième pilier sur lequel doit pouvoir reposer une économie équilibrée et inclusive aux côtés du secteur public et du secteur privé, ont souligné les participants à une rencontre rentrant dans le cadre des activités marquant la 8ème édition du Salon national de l’ESS, qui se tient à Oujda du 9 au 18 novembre.
Cette économie a le potentiel et les moyens de mobiliser et de créer des richesses importantes, aussi bien matérielles qu’immatérielles, ont-ils expliqué lors de cette rencontre qui avait pour thème ’’Produits de terroir : quelle valorisation et quelle gouvernance’’.
Et d’ajouter que l’ESS œuvre à réconcilier les principes d’équité et de justice sociale avec le développement économique, réconciliant ainsi la vitalité des dynamiques économiques avec les principes et les finalités humanistes du développement.
Intervenant à cette occasion, le Wali de la région de l’Oriental, gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, Mouad El Jamai a mis en avant l’intérêt accordé par SM le Roi Mohammed VI depuis Son accession au Trône, au développement d’une économie sociale où se conjuguent l’efficacité économique et la solidarité sociale au service de l’inclusion, de la réduction de l’inégalité et de la croissance harmonieuse et durable.
Notant qu’au Maroc, les pratiques de solidarité et de mutualisme sont ancestralement ancrées dans la culture collective, M. El Jamai a indiqué que l’ESS a vocation à apporter un nouveau souffle à la croissance économique en contribuant à mieux relever les défis de l’inclusion.
Elle permet aussi, a-t-il poursuivi, de favoriser un bon équilibre dans l’affectation des investissements, en facilitant la participation de toutes les catégories sociales, les entreprises de différents secteurs et les territoires dans la consolidation de la cohésion sociale et à l’amélioration de la croissance économique.
Il a rappelé dans ce sens que depuis les années 90, l’ESS a occupé, au Maroc, une place considérable dans les programmes de développement économique et social, faisant remarquer que ces programmes ont été renforcés par l’avènement en 2005 de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), fondée sur une approche participative qui met les entreprises de l’ESS au centre du processus de développement humain.
D’importantes mesures de développement du secteur et de promotion de l’activité des coopératives ont été entreprises dans ce cadre, en vue de consolider une société marocaine solidaire, ce qui a apporté un réel appui à l’économie sociale et solidaire, qui s’est matérialisé par le financement, l’accompagnement et l’assistance technique dédiés aux coopératives et porteurs de projets (AGR), a-t-il encore ajouté, affirmant, chiffre à l’appui, que le bilan de l’intervention de l’INDH dans l’axe visant les activités génératrices de revenus est très honorable.

Selon lui, près de 9.400 activités mobilisant un montant qui dépasse les trois milliards de dirhams ont été lancées à l’échelon national, depuis le lancement de ce chantier, et ce au profit de 153.000 personnes.
A l’échelon de la région de l’Oriental, près de 1.600 activités ont été réalisées au profit de 15.000 bénéficiaires, avec une enveloppe budgétaire d’environ 800 millions de dirhams.
Mettant l’accent aussi sur la nouvelle loi 112-12, qui a doté les coopératives d’un cadre juridique leur ouvrant de nouvelles perspectives pour atteindre leurs objectifs, en s’inspirant des meilleurs standards au niveau international, dans le respect des principes coopératifs universels, il a fait savoir que toutes ces mesures ont contribué à doter notre pays de plus de 20.000 coopératives, regroupant plus de 500.000 adhérents, dans tous les secteurs d’activité, contribuant à hauteur de 2% du PIB.
Au niveau régional, la culture de l’économie sociale et solidaire reste bien ancrée. Avec plus de 3.300 coopératives, et 25.000 adhérents, le secteur coopératif contribue positivement dans la dynamique économique régionale.
Il a estimé à cet égard que le projet de la plateforme de valorisation des produits de terroir de la région de l’Oriental qui est en cours de réalisation constituera, dans un futur proche, un carrefour d’interaction entre les différents intervenants, afin d’appuyer les organisations dans la commercialisation des produits à l’échelle nationale et internationale, ainsi qu’à la professionnalisation de ce secteur à travers la mise à la disposition des bénéficiaires des conditions nécessaires et adaptées.
M. El Jamai a toutefois fait observer que le développement du secteur coopératif fait face à de nombreuses contraintes d’ordre juridique, institutionnel et socioéconomique, insistant ainsi sur le fait que les mesures d’accompagnement de la part de l’Etat, dont l’objectif est de permettre aux coopératives de surmonter lesdites contraintes, sont à renforcer.
Ces rencontres représentent l’occasion d’initier une réflexion collective afin de formuler des recommandations et trouver des solutions innovantes au profit du secteur prometteur de l’ESS, a-t-il avancé avant de conclure que la visite des différents stands du Salon national, qui s’étale sur 18.000 m2, est révélatrice du potentiel énorme et des possibilités de développement considérable qu’il offre.
Les autres intervenants, dont des experts étrangers, ont centré leurs interventions sur ‘’la plateforme des produits de terroir : quelle valorisation et quelle gouvernance’’, ‘’la gouvernance équilibrée, enjeu majeur pour les pôles de l’économie sociale et solidaire’’, ‘’création de valeur au prisme des produits de terroir : un nouveau relais de croissance’’, et ‘’coopératives, coopération, inter-coopération : regard sur quelques expériences françaises’’.
Placé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, le Salon de l’Economie sociale et solidaire est organisé sous le thème «L’Economie sociale et solidaire : Initiatives renouvelables et opportunités prometteuses», avec la participation de quelque 700 exposants marocains et étrangers.
Auteur: Soufiane ELAHMAR
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