L’ingénierie comportementale : nouveau chantier des entreprises tunisiennesL’ingénierie comportementale : nouveau chantier des entreprises tunisiennes
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Comment les entreprises tunisiennes réinventent leur politique de talents face à la révolution des compétences comportementales

La compétitivité des entreprises tunisiennes ne se mesure plus seulement à l’aune des compétences techniques de leurs collaborateurs. Une transformation profonde s’opère dans les critères de sélection, de gestion et de fidélisation des talents, où les compétences comportementales, plus connues sous le terme anglo-saxon de soft skills, occupent désormais une place centrale dans les stratégies de ressources humaines.

Ce mouvement, observable à l’échelle mondiale, prend en Tunisie une résonance particulière, tant le marché du travail national conjugue une main-d’œuvre diplômée abondante et une pénurie persistante de profils dotés des aptitudes relationnelles, cognitives et managériales que réclament les employeurs.

Une mutation mondiale du critère de recrutement

Le Forum économique mondial confirme, dans son rapport Future of Jobs 2025, que sept employeurs sur dix considèrent la pensée analytique et l’esprit critique comme une compétence essentielle, plaçant cette aptitude cognitivo-comportementale devant la résilience, la flexibilité, le leadership et l’influence sociale.

L’organisation évalue par ailleurs que 39% des compétences fondamentales de la main-d’œuvre mondiale seront transformées ou obsolètes d’ici 2030, contre 44% en 2023, une évolution attribuée à la montée en puissance des programmes de formation continue. Ce déficit de compétences constitue désormais, pour 63% des employeurs interrogés à l’échelle mondiale, le principal frein à la transformation de leur organisation, devant les contraintes budgétaires ou réglementaires.

Le réseau professionnel LinkedIn observe pour sa part que plus de 90% des recruteurs jugent aujourd’hui les compétences comportementales aussi déterminantes, sinon davantage, que les compétences techniques dans leurs décisions d’embauche, un basculement qui redéfinit la hiérarchie traditionnelle entre diplôme, expérience et savoir-être.

Le paradoxe tunisien

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Auteur: Mohamed Ben Abderrazek
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