La montée en puissance de la Chine au Maroc est devenue l’un des faits marquants de la recomposition des relations économiques du Royaume. Dans une analyse publiée par Jeune Afrique, le magazine s’intéresse au véritable poids de Pékin dans l’économie marocaine, entre progression des investissements, développement des échanges commerciaux et implantation croissante des entreprises chinoises.
La relation économique entre le Maroc et la Chine a changé d’échelle au cours des dernières années. Longtemps cantonnée à des échanges commerciaux relativement limités, la coopération sino-marocaine s’étend désormais à des secteurs stratégiques comme l’automobile, les batteries électriques, les énergies renouvelables, les infrastructures ou encore la logistique.
Dans son analyse, Jeune Afrique invite toutefois à dépasser l’image d’une présence chinoise devenue dominante. La Chine occupe une place croissante dans l’économie marocaine, mais son poids doit être apprécié à l’aune de celui des partenaires historiques du Royaume, notamment européens. L’enjeu est donc moins de savoir si Pékin est devenu un acteur incontournable que de mesurer jusqu’où cette influence peut encore progresser.
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Le commerce constitue le premier indicateur de cette montée en puissance. Les importations marocaines en provenance de Chine ont fortement progressé, portées par les équipements industriels, les biens de consommation et les composants nécessaires à plusieurs filières productives. À l’inverse, les exportations marocaines vers le marché chinois restent beaucoup plus limitées, ce qui contribue à maintenir un déficit commercial important avec Pékin. Les échanges entre les deux pays ont ainsi augmenté rapidement, mais demeurent déséquilibrés.
L’autre dimension est celle de l’investissement. Pékin cherche de plus en plus à positionner ses entreprises au Maroc, profitant d’un avantage géographique majeur : la proximité avec l’Europe et l’accès aux marchés africains. Le Royaume apparaît ainsi comme une plateforme industrielle susceptible de permettre aux groupes chinois de produire localement tout en bénéficiant de ses accords commerciaux et de ses infrastructures logistiques.
Cette stratégie est particulièrement visible dans l’industrie automobile et les nouvelles chaînes de valeur liées à la transition énergétique. Les batteries, les véhicules électriques et les composants automobiles constituent désormais des secteurs prioritaires. Le développement de la Cité Mohammed VI Tanger Tech illustre également cette volonté de créer un environnement industriel capable d’accueillir davantage d’entreprises chinoises.
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Pour Rabat, l’enjeu est également de transformer l’arrivée des capitaux chinois en véritable capacité productive locale. L’objectif n’est pas seulement d’attirer des investisseurs, mais de favoriser la création d’emplois, le transfert de technologies, la montée en gamme des fournisseurs marocains et l’intégration du Royaume dans de nouvelles chaînes de valeur internationales.
Cette présence chinoise s’inscrit par ailleurs dans une stratégie géoéconomique plus large. Le Maroc occupe une position particulière entre l’Europe et l’Afrique et peut servir de plateforme aux entreprises asiatiques souhaitant se rapprocher des marchés occidentaux et africains. La Chine participe ainsi à la transformation progressive du Royaume en hub industriel et logistique régional.
Mais la relation reste marquée par un déséquilibre. Alors que les entreprises chinoises renforcent leur présence au Maroc, le pays doit encore accroître sa capacité à exporter davantage vers la Chine. Le défi pour Rabat consiste donc à éviter que l’intensification des relations économiques ne se traduise uniquement par une progression des importations.
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La question soulevée par Jeune Afrique est finalement celle de la nature de cette influence. La Chine est devenue un partenaire économique de plus en plus important du Maroc, sans pour autant avoir détrôné les acteurs européens. Son poids est particulièrement visible dans certains secteurs stratégiques, où les investissements chinois pourraient prendre une dimension considérable dans les prochaines années.
Pour le Royaume, cette évolution offre une opportunité de diversification de ses partenariats économiques. Elle lui permet également de renforcer sa position dans la compétition internationale pour attirer les capitaux industriels. Mais elle impose, en parallèle, de préserver un équilibre entre ouverture aux investissements chinois, développement de la production locale et réduction du déficit commercial.
Auteur: Ismail Saraoui
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