Sa passion pour la musique était immense. Mohamed Garfi, décédé le 13 septembre dernier à l’âge de 78 ans, l’a accomplie en musicologue, chef d’orchestre et compositeur. Un doctorat obtenu à la Sorbonne couronnera un parcours académique entamé au Conservatoire de Tunis, mais surtout un long séjour à Paris qui lui permettra d’explorer les multiples dimensions de la musique et de l’orchestration. Chef d’orchestre à plusieurs reprises, dont celui qu’il montera lui-même, ce sera pour lui l’occasion d’exprimer un talent captivant par sa finesse et sa créativité. Compositeur, il donnera libre cours à une âme voguant au gré de l’humeur, et signera des œuvres singulières: des poèmes de Chabbi, Mahmoud Darwiche, Ahmed Foued Najm, Mansour Rahabani et autres illustres poètes, des génériques de feuilletons télévisés et des musiques de film…
Mohamed Garfi, c’était surtout de la très haute voltige. Zakharef Arabiya comblera un public amateur d’une musique tunisienne authentique qui épouse une modernité saisissante. Il fera élever la musique tunisienne à des niveaux supérieurs qui lui ouvrent de nouvelles perspectives internationales. Ses concerts comme celui en ouverture du Festival international de Carthage, en 2025, marqueront l’apogée de son art.
Bravant tant d’obstacles, il avait su faire preuve de détermination, poursuivant son œuvre, encourageant les jeunes musiciens, et veillant à une « autre » musique tunisienne de grande valeur. Il restera comme l’un des grands musiciens tunisiens innovateurs.
Parmi les nombreux hommages qui lui sont rendus, celui de Marcel Khalife est poignant.

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