Eliminé en quart de finale par la France (2-0) jeudi, le Maroc a néanmoins confirmé lors du Mondial-2026 son statut de nation forte et, certaine d’être sur la bonne voie, se projette déjà sur « sa » Coupe du monde dans quatre ans.
Comme en 2022, les Lions de l’Atlas ont en effet fini par plier face aux Bleus, sur le même score. Et avec cette fois le sentiment d’avoir été battus par une équipe qui leur a été supérieure, quand la demi-finale perdue sans démériter au Qatar avait pu à l’époque faire naître quelques regrets. « Nous avons tout donné face à un adversaire très fort. Mais nous continuerons à construire une équipe capable de lutter pour les titres », s’empressait de déclarer à l’issue du match le sélectionneur Mohamed Ouahbi.
Car pour le Maroc, l’enseignement de cette Coupe du monde dépasse largement l’issue de ce quart de finale: après avoir créé la surprise lors de la précédente édition, il a confirmé qu’il fallait désormais bien compter sur lui sur l’échiquier mondial.
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Mohamed Ouahbi, qui a succédé à Walid Regragui, a réussi, en un peu plus de trois mois à peine, à transfigurer le style de jeu des Lions de l’Atlas, devenu plus proactif, offensif, basé sur la possession.
« Croire en notre capacité »
« Je suis très fier de ce que nous avons réalisé. Je suis agréablement surpris par la vitesse avec laquelle les joueurs ont assimilé ma philosophie de jeu. Ils ont montré une immense envie de progresser », a souligné le technicien.
Son équipe, menée par le capitaine Achraf Hakimi, s’est montrée conquérante lors de ses cinq premiers matches. Elle a d’abord fait plus que jeu égal avec le Brésil (1-1) pour son entrée en lice, puis elle a su faire preuve de grandes ressources mentales pour renverser les Pays-Bas en 16es (1-1, 3-2 t.a.b.) et elle s’est montrée implacable en 8e face au Canada pays coorganisateur (3-0).
Tant et si bien que le Maroc était perçu comme un adversaire de taille pour la France et les paroles de Mohamed Ouahbi prononcées en début de tournoi – « Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde » – ont été prises au sérieux.
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A commencer par les Bleus de Kylian Mbappé, qui n’ont pas pris de haut leurs adversaires et ont mis fin à leur aventure plus tôt qu’ils ne l’avaient envisagé. « Cette défaite ne doit pas briser notre détermination », a déclaré Ouahbi. « Nous devons continuer à croire en notre projet, poursuivre notre travail et rester concentrés sur les fondamentaux. »
« Un avenir avec le sourire »
Un mot d’ordre venu rappeler la double stratégie au long cours mise en place par la Fédération. La première se repose sur la formation des jeunes, qui a déjà porté ses fruits avec le titre glané au Mondial des moins de 20 ans l’an passé, déjà sous les ordres de Ouahbi à la tête d’une génération talentueuse appelée à jouer chez les A, Gessime Yassine ayant été le seul convoqué pour le tournoi.
La seconde vise à convaincre les binationaux de choisir le Maroc, à l’image d’Ayyoub Bouaddi, né à Senlis il y a 18 ans, passé par les sélections de jeunes en équipe de France et qui s’est décidé juste avant le Mondial à jouer pour le pays de ses parents. « Nous disposons d’un grand vivier de jeunes joueurs et de toutes les conditions nécessaires pour continuer à progresser », a dit le sélectionneur.
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Son homologue Didier Deschamps ne pouvait qu’abonder: « A part Achraf Hakimi, qui compte plus d’une centaine de sélections, beaucoup de joueurs sont encore au début de leur parcours international. Cela laisse penser que le Maroc aura un avenir avec le sourire ».
Dans quatre ans, le Maroc coorganisera le prochain Mondial, avec l’Espagne et le Portugal. Et il n’y a aucune raison pour que ses ambitions viennent à baisser. « Il y aura d’abord une Coupe d’Afrique des Nations (en 2027) avec des éliminatoires à bien préparer et puis une compétition que nous voulons remporter à domicile en 2030 », a martelé Mohamed Ouahbi, convaincu que « l’avenir sera très beau si cette équipe continue sur cette voie ».
Challenge (Avec AFP)
Auteur: Challenge
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