La panique change de camp. Les drones ukrainiens ont encore percé franchi le système de défense aérienne de la capitale russe, Moscou ; les projectiles ont touché de plein fouet la raffinerie de pétrole de Kapotninsky, appartenant à Gazprom Neft. Cette attaque au sud-est de Moscou a causé un gros incendie. A noter que ce site couvre près de 40% des besoins en essence et 50% des besoins en gazole de la région de Moscou, et qu’il pèse lourd dans l’approvisionnement en carburant de l’aviation militaire.
Même les chaînes de propagande russes alertent
Les faits ont été rapportés par les chaînes Telegram, le maire de Moscou Sergueï Sobianine et même les médias à la solde du régime, tels que l’agence de propagande russe RIA Novosti. Ce mercredi 18 juin au matin des habitants de Moscou et de sa région ont fait état d’un important survol de drones. Les autorités russes au départ ont minoré cette attaque en affirmant que 43 drones auraient été abattus, en masquant l’essaim d’engins qui ont atteint leurs cibles…
On a appris peu après que 194 drones ukrainiens ont été interceptés à l’approche de Moscou et qu’au total 555 drones ont été bloqués dans tout le pays durant la nuit, d’après le ministère russe de la Défense. A noter que l’Ukraine n’indique pas en général pas le nombre de drones lâchés en direction de la Russie. Donc il est possible que l’attaque soit encore plus massive que ce qui a été rapporté par les autorités russes. Drame suprême : les frappes ont touché des équipements hi-tech qu’il sera impossible de réparer à cause du manque de pièces du fait des sanctions occidentales.
Des vidéos diffusées sur la toile montrent plusieurs incendies à la raffinerie de pétrole de Kapotninsky. D’immenses colonnes d’épaisse fumée noire ont été aperçues au-dessus de la ville, depuis différents quartiers de Moscou. «Les forces de défense aérienne continuent de repousser une attaque massive. Plusieurs drones ont réussi à atteindre la zone nationale de défense aérienne. Des mesures sont prises pour en limiter les conséquences», a écrit Sobianine à 6 heures du matin.
Les frappes contre la raffinerie de Moscou portent un rude coup à l’arsenal militaire russe. Nichée à quelque 15 kilomètres du Kremlin, cette plateforme est incontournable dans l’approvisionnement en carburant de la capitale russe. Cette attaque contre des installations énergétiques à Moscou est la plus massive depuis 2 ans, lit-on dans le média de propagande RIA Novosti. Les autorités signalent 5 incendies à la raffinerie de pétrole de Moscou, frappée pour la deuxième fois en une semaine.
Rappelons que le 16 juin 2026, des drones ukrainiens avaient déjà ciblé la raffinerie de pétrole de Moscou à Kapotno. Cet assaut avait endommagé l’unité de traitement primaire du pétrole ELOU-AVT-6, obligeant l’entreprise à stopper temporairement la production. Dans la nuit de ce 18 juin des drones ont également touché des sites dans les régions de Rostov et de Belgorod en Russie, causant des incendies dans un dépôt pétrolier de la ville de Gukovo et peut-être dans un dépôt militaire aux abords de Shebekino.
«Il s’agit d’une réponse parfaitement justifiée aux frappes russes contre nos villes et nos communautés, et d’un autre résultat important du travail de nos soldats contre les installations qui soutiennent la machine de guerre russe (…) Il est temps de mettre fin à cette guerre», a commenté le président Volodymyr Zelensky.
L’assaut a causé de gros dégâts dans le trafic aérien, la compagnie aérienne nationale Aeroflot et sa filiale Rossiya ont annulé plus de 170 vols à destination et en provenance de Moscou, et ont différé plus de 110 départs, d’après les communiqués des compagnies.
« Si l’Ukraine brûle, Moscou brûlera aussi… »
Le président Zelensky, qui a pris part au sommet du G20 à Evian, en France, a confié aux journalistes que Kiev rendrait tous les coups qu’il encaisse. «Si Poutine ne veut pas mettre fin à cette guerre, nous ne resterons pas les bras croisés. Nous réagirons, et notre réaction sera ferme. Si l’Ukraine brûle, Moscou brûlera aussi», a-t-il asséné, en qualifiant la dernière attaque de riposte au bombardement russe du 15 juin qui a encore endeuillé l’Ukraine, encore des civils massacrés.
«Nous devons faire comprendre à la Russie qu’il est inutile de poursuivre cette guerre. Plus important encore, le peuple russe doit commencer à réaliser qu’un seul homme, Poutine, mène cette guerre, tandis que ce sont les gens ordinaires qui en paient le prix», a plaidé Zelensky…
Effectivement tout le monde sait que Poutine et sa garde rapprochée se sont plaqués à Kazan, ville qui avait abrité la grand-messe des BRICS, en octobre 2024. Quant à la famille du maître du Kremlin, elle aussi est en lieu sûr, dans un des bunkers fortifiés qui pullulent dans le pays. Les jeunes soldats russes qui meurent par dizaines de milliers chaque mois ne peuvent pas en dire autant.
«Les Ukrainiens, les Européens et les Américains doivent tous faire pression sur Poutine. Les Russes doivent également se réveiller et faire pression sur leur dirigeant», a déclaré le président.
Aux Russes qui demandent «Que se passe-t-il ?» après la frappe sur Moscou, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, leur rétorque sur X : «Je peux vous répondre. Votre pays a déclenché une guerre d’agression contre le nôtre. Depuis des années, il massacre notre peuple. Maintenant que vous savez ce qui se passe, demandez à Poutine quand il compte y mettre fin».
Les attaques ukrainiennes, de plus en plus précises et dévastatrices, instillent la peur en Russie. Le président Zelensky demande instamment à Moscou de s’asseoir à la table des négociations, car si les Ukrainiens souffrent au prochain hiver les Russes ne seront pas épargnés également. Kiev sait maintenant comment prendre son bourreau à la forge, il ne le lâchera plus, pas avant qu’il desserre sa mâchoire.
Depuis le 24 février 2022, l’armée de Poutine s’acharne sur les installations énergétiques ukrainiennes, systématiquement ; maintenant la victime renvoie les coups et ils pleuvent, comme tous ces confettis de pétrole qui retombent sur Moscou après les explosions sur les raffineries. Les Russes commencent à vivre dans leur chair ce que les Ukrainiens endurent depuis plus de 4 ans. D’autres mauvaises nouvelles se profilent pour le Kremlin, elles viendront des USA, de l’Europe et du G7. Des tirs croisés qui feront de sacrés dégâts à Moscou.
Si la Russie refuse d’abréger ses souffrances on va vers un rationnement drastique du carburant, une pénurie et des importations massives. Un comble pour un gros producteur et exportateur de brut. Avec une économie exsangue et des caisses publiques vides, les prochaines dépenses en devises pourraient achever un pays qui agonise déjà, alors que le destin de l’Ukraine se dessine dans le même temps : l’adhésion à l’Union européenne.
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Auteur: Souleymane Loum
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