Les prix de l’or continuent de fluctuer sur les marchés internationaux et locaux. À Sfax, le gramme d’or neuf 18 carats se négocie actuellement entre 390 et 400 dinars, selon Wajih El Mesfar, trésorier de la Chambre régionale des artisans bijoutiers de Sfax. Face aux incertitudes du marché et aux difficultés rencontrées par les professionnels, il appelle à une révision de la législation régissant le secteur.
L’essentiel
Or 18 carats neuf :entre 390 et 400 dinars le gramme sur le marché local.
- Or 18 carats destiné à la fonte : entre 285 et 290 dinars le gramme.
- Or 9 carats neuf :entre 220 et 250 dinars le gramme.
- Poinçonnage :appel à la réouverture du bureau de Sfax, actuellement fermé selon le représentant professionnel.
- Législation :demande de révision du cadre de 2005, après une proposition alternative élaborée en 2018.
Prix de l’or : entre fluctuations internationales et tensions sur le marché local
Wajih El Mesfar a indiqué que les cours de l’or connaissent une période d’instabilité, malgré un recul notable observé en milieu de semaine. Selon lui, les incertitudes liées à la conjoncture internationale compliquent les prévisions sur l’évolution des prix au cours des prochaines semaines.
Sur le marché international, le prix de l’once d’or s’établissait autour de 4 040 dollars, selon les chiffres qu’il a communiqués. Il a évoqué une phase de stabilité par rapport à la semaine précédente, suivie d’une reprise de la tendance haussière.
Il a également estimé le prix du gramme d’or 24 carats sur le marché international à environ 387 dinars , après conversion en monnaie nationale.
Combien coûte le gramme d’or en Tunisie ?
Sur le marché local, les prix varient en fonction du titre de l’or et de la nature du produit, neuf ou destiné à la fonte. Les montants communiqués par Wajih El Mesfar font apparaître des différences importantes entre les catégories.
| Type d’or | Prix du gramme |
|---|---|
| Or 18 carats neuf | 390 à 400 DT |
| Or 18 carats destiné à la fonte | 285 à 290 DT |
| Or 9 carats neuf | 220 à 250 DT |
| Or 9 carats destiné à la fonte | 110 à 120 DT |
Concernant l’argent, le représentant professionnel a fait état d’un prix stable de 6 dinars le gramme. Il a toutefois souligné que le coût de la main-d’œuvre demeure un facteur essentiel dans la détermination du prix final des bijoux. Le prix d’un article peut ainsi varier en fonction du travail de fabrication et des caractéristiques du produit.
La récolte des olives, un moteur traditionnel de la bijouterie à Sfax
Le trésorier de la Chambre régionale des artisans bijoutiers est également revenu sur le lien historique entre la saison de la récolte des olives et l’activité du secteur de la bijouterie à Sfax.
Selon ses explications, cette période de l’année marquait traditionnellement le début de la saison de fabrication des bijoux, particulièrement ceux en or 9 carats.
La campagne oléicole contribuait ainsi à dynamiser les échanges commerciaux et à soutenir l’activité des artisans bijoutiers.
Wajih El Mesfar a exprimé l’espoir de voir renaître ces habitudes commerciales qui, par le passé, apportaient une dynamique supplémentaire au marché local pendant la saison de la récolte des olives.
Le bureau de poinçonnage de Sfax toujours fermé
Parmi les difficultés rencontrées par les professionnels, Wajih El Mesfar a notamment évoqué la fermeture du bureau de poinçonnage des métaux précieux de Sfax.
Il a appelé à sa réouverture afin de permettre aux artisans de faire poinçonner leurs bijoux en or et de faciliter l’exercice de leur activité.
Le représentant professionnel a également abordé la question dupoinçonnage au laser, une technologie dont l’adoption avait déjà été réclamée par les artisans.
Il a toutefois expliqué que cette méthode avait soulevé certaines préoccupations liées aux risques de falsification.
Dans ce contexte, il a défendu le maintien du poinçonnage manuel, estimant que cette technique permet de préserver les caractéristiques recherchées dans le marquage des bijoux. Il a néanmoins reconnu que les différents procédés de poinçonnage peuvent être exposés à des tentatives de falsification.
Une révision de la législation de 2005 réclamée par les artisans
Sur le plan réglementaire, Wajih El Mesfar a estimé que le système tunisien d’encadrement du secteur de l’or figurait parmi les meilleurs au monde, soulignant que certains pays voisins disposent de dispositifs similaires.
Il a cependant insisté sur la nécessité de moderniser le cadre juridique et réglementaire afin d’accorder davantage de souplesse aux professionnels.
Selon lui, la législation de 2005 régissant le secteur présente plusieurs difficultés d’application, notamment en raison de dispositions qu’il considère comme restrictives pour les artisans. LIl a rappelé qu’une proposition de texte législatif alternatif avait été élaborée en 2018, après que les professionnels eurent été invités à présenter leurs propositions.
| Dossier | Position exprimée par Wajih El Mesfar |
|---|---|
| Bureau de poinçonnage de Sfax | Demande de réouverture pour faciliter l’activité des artisans |
| Poinçonnage au laser | Prise en compte des risques de falsification associés à cette technique |
| Poinçonnage manuel | Maintien de cette méthode pour préserver les caractéristiques du marquage |
| Législation de 2005 | Révision des dispositions jugées contraignantes pour les professionnels |
| Proposition élaborée en 2018 | Rappel d’un texte alternatif préparé par les artisans |
Wajih El Mesfar a ainsi renouvelé son appel à une révision de la législation de 2005, dans l’objectif de simplifier les procédures, de faciliter le travail des artisans et d’améliorer les conditions d’exercice des métiers de la bijouterie en Tunisie.
Cette demande intervient dans un contexte marqué, selon le représentant professionnel, par les fluctuations des cours de l’or et un ralentissement de l’activité de production sur le marché local.
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Auteur: Mohsen Tiss
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