Essaouira – L’espace culturel « Dar Souiri » à Essaouira a abrité, dimanche, la projection du long-métrage « Le jeune Ahmed » de leur co-auteurs, les frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne et ce, dans le cadre de la 5è édition du Forum Euro-méditerranéen des Jeunes Leaders.

Ce long-métrage glaçant sur un sujet, à la fois, complexe et sensible à savoir l’islamisme radical, raconte l’histoire d’un adolescent appelé « Ahmed », âgé de 13 ans et qui se trouve déjà fanatisé sous la coupe d’un imam doucereux, pour tenter en vain de mettre un terme à la vie de son professeur « Inès », une enseignante « attentive » et « encourageante » mais que l’imam prétend être « apostate ».

Pour illustrer avec « brio » le fanatisme du jeune Ahmed et sa soumission à « l’aveuglette » aux orientations et à l’influence de l’imam, les réalisateurs ont veillé à mettre sur la route du jeune Ahmed, plusieurs personnages si « sages » et « bienveillants » mais, à la fin, tous « impuissants », pour le convaincre d’abandonner ses idées et fausses convictions, à commencer par sa mère, ses éducateurs, les propriétaires de la ferme où il est placé après sa tentative de tuer son professeur, ou encore leur jeune fille Louise.

La mère d’Ahmed, tellement inquiète, ne reconnaît plus son fils dans le gamin froid et agressif qui l’accuse d’être « impure », tout en l’invitant à chaque fois à devenir « une bonne musulmane ».

Chacun essaie à sa manière, en vain, de ramener le jeune Ahmed à se débarrasser de ses idées et visions obscurantistes du monde et d’autrui, et à se mettre du côté de l’humanité.

Un film éblouissant qui remet en surface la question de la radicalisation et comment elle est vécue dans les sociétés occidentales, notamment européennes.

Au terme de la projection de ce film, qui s’est déroulée en présence du Conseiller de Sa Majesté le Roi et président-fondateur de l’Association Essaouira- Mogador, M. André Azoulay, et d’autres personnalités, une séance-débat autour de la problématique de la radicalisation et de l’extrémisme à été ouverte.

A cette occasion, plusieurs intervenants ont été unanimes à souligner que la radicalisation est un phénomène international qui, actuellement, traverse toutes les sociétés, estimant qu’il s’agit d’une véritable « entorse » au vivre-ensemble. Ils ont, ainsi, insisté sur la nécessité de reconnaître que la radicalisation peut être appréhendée comme « un processus de rupture dans les discours et les comportements avec la famille et les proches. Une rupture avec la société en prélude au passage à la violence ».

Et de faire observer que la radicalisation est un phénomène complexe qui requiert davantage de vigilance lors du traitement ainsi qu’un accompagnement et une approche holistique pour y mettre un terme.

Ils ont reconnu que ce phénomène dépasse largement le champ religieux, relevant qu’il existe une multitude de facteurs qui le nourrissent et qui ont trait, entre autres, à la crise identitaire, au manque de projets pour les jeunes, et à un contexte international difficile.

Mettant en avant le rôle central de l’éducation et de la famille dans la lutte contre ce fléau, ils ont souligné l’importance d’inculquer aux jeunes la culture du dialogue, de l’échange et de l’ouverture, tout en insistant sur la nécessité de dupliquer cette démarche et expérience réussie du vivre-ensemble à Essaouira, dans d’autres régions du monde.

Auteur: Meriem IGASS
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