RAPATRIEMENT DE NIGERIANS, DE L’AFRIQUE DU SUD : Abuja tente de sauver ce qui peut l’êtreRAPATRIEMENT DE NIGERIANS, DE L’AFRIQUE DU SUD : Abuja tente de sauver ce qui peut l’être

Depuis quelque temps, on assiste à une véritable chasse aux étrangers en Afrique du Sud, accusés d’être à l’origine des malheurs des autochtones. Traqués jusque dans leurs derniers retranchements, ils sont nombreux les étrangers qui vivent, la peur au ventre et ce, surtout face à l’inactivisme coupable des autorités sud-africaines. Certes, ces dernières ont réagi en condamnant ces violences xénophobes. Mais tout porte à croire qu’elles l’ont fait juste pour se donner bonne conscience d’autant qu’aucune mesure ou action concrète n’a été prise pour endiguer le phénomène qui prend désormais des proportions inquiétantes.

 

Il revient aux autorités sud-africaines, de prendre toute la mesure de la situation

 

 

En effet, ce n’est pas la première fois que des Africains d’autres pays souffrent le martyre en Afrique du Sud, victimes vraisemblablement de leur succès social puisqu’on leur reproche de faire une concurrence déloyale aux nationaux dont beaucoup tirent le diable par la queue. En effet, depuis bientôt deux décennies, les violences xénophobes ont pignon sur rue en Afrique du Sud. Et presqu’invariablement sont pris pour cible des Noirs. Toute chose qu’il faut déplorer et condamner à tout point de vue surtout quand on sait que les faits se déroulent dans un pays comme l’Afrique du Sud dont l’un des dignes et valeureux fils, en la personne de Nelson Mandela, a croisé le fer dans le combat qu’il menait contre l’apartheid, soutenu par presque tous les pays africains. Sans doute ce dernier se retourne-t-il dans sa tombe en voyant ses héritiers, en plus de se montrer incapables de chausser ses bottes, ramer à contre-courant des valeurs qu’il prônait. C’est tout simplement indigne.  Cela dit, il revient aux autorités sud-africaines de prendre toute la mesure de la situation en trouvant une solution durable aux violences xénophobes récurrentes dans le pays. Car, en plus de l’image de l’Afrique du Sud qui a pris un sérieux coup, ces violences xénophobes exposent les compatriotes de cyrill Ramaphosa vivant dans d’autres pays à des risques de représailles et ce, avec toutes les conséquences qui peuvent en découler. Mais en attendant, il y a lieu de saluer la réaction, sans trop attendre, du Ghana qui a donné de la voix en dénonçant la haine dont sont victimes ses ressortissants en Afrique du Sud. Le Nigeria, quant à lui, ne s’est pas contenté d’une simple condamnation. Il est allé au-delà en annonçant des opérations de rapatriement volontaire de ses ressortissants en séjour dans la Nation-arc-en-ciel, et qui, face à la situation, souhaiteraient retourner au bercail. C’est tout à son honneur surtout qu’il se susurre que deux de ses ressortissants ont perdu la vie dans des circonstances qui attendent encore d’être élucidées. En effet, alors qu’Abuja parle de morts consécutives à des agressions policières, Pretoria se veut rassurante, estimant que les actes xénophobes ne bénéficient d’aucun soutien officiel.

 

 

L’Afrique du Sud gagnerait à changer son fusil d’épaule

 

 

On veut bien croire en la bonne foi des autorités sud-africaines. Mais la passivité dont elles font montre, laisse subodorer une forme de complicité et ce, dans le souci de bénéficier des bonnes grâces de leur opinion. Ceci pouvant expliquer cela, on comprend pourquoi il n’y a jamais eu de procès ou à plus forte raison, de condamnations en lien avec les violences xénophobes qui, en plusieurs années, ont pourtant laissé des dizaines de macchabées sur le carreau. En tout cas, si elle veut toujours garder la place qui est la sienne dans le concert des nations, l’Afrique du Sud gagnerait à changer son fusil d’épaule pour ne pas donner l’impression d’être devenu un pays où l’étranger est perçu comme un ennemi à abattre. Aussi serait-il de bon aloi que les ressortissants étrangers vivant en terre sud-africaine, mettent un point d’honneur à respecter les lois de leur pays d’accueil. Car, il ne faut pas se permettre à l’étranger ce que l’on n’ose pas faire chez soi.

 

« Le Pays »

 

Auteur: Editions LEPAYS
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