Souveraineté énergétique: le virage stratégiqueSouveraineté énergétique: le virage stratégique

La flambée des prix de l’énergie et les craintes pour la sécurité énergétique ont poussé de nombreux pays à prendre des décisions majeures. Concernant le Royaume, Leila Benali a dévoilé aux députés une stratégie de l’exécutif basée sur plusieurs leviers pour sécuriser le stock stratégique national en produits énergétiques.

Dans tout écosystème, l’énergie est le nerf de la guerre. De la logistique de stockage aux approvisionnements fiables, les menaces géopolitiques qui frappent le Moyen-Orient pèsent lourd et conditionnent la planification énergétique. C’est ce qui a poussé la ministre de la Transition énergétique à monter au front pour s’expliquer sur les mesures prises visant à augmenter le stock stratégique des produits énergétiques. Mme Benali a ainsi répondu aux sollicitations des députés en exposant, lundi 4 mai, les réévaluations revues par l’exécutif pour faire face à la crise qui frappe le pays, comme toutes les autres nations, en raison des défis que posent les bouleversements politiques dans les pays producteurs de pétrole.

Au menu, trois mesures phares. En premier lieu, il s’agit d’augmenter les capacités de stockage, avec une hausse significative de plus de 30 % des investissements enregistrée au cours des trois dernières années, pour atteindre 3,2 millions de mètres cubes en 2025.

Lire aussi I Maroc: le pari du gaz naturel liquéfié

Sur cette question, le ministère s’est appliqué à identifier les programmes d’investissement lancés (pour un montant global de 6 milliards de dirhams, dont un tiers sera réalisé en 2026), notamment ceux liés aux capacités de stockage à l’horizon 2030, et ce sur tous les plans, que ce soit au niveau de leur mise en place ou de leur accompagnement sur le terrain pour l’obtention des autorisations.

C’est dans ce sens que l’augmentation de ces capacités est désormais une réalité, puisqu’elles sont censées être portées à plus de 1,5 million de mètres cubes supplémentaires d’ici 2030.

Concernant le sujet extrêmement sensible des réservoirs de la Samir, la ministre a choisi de ne pas se dérober et a répondu à la question, soulignant que l’utilisation des capacités de stockage de la société « SAMIR » ne relève pas de l’urgence, puisque « les analyses des besoins nationaux montrent que les niveaux actuels de stockage sont suffisants pour le gasoil, l’essence et le fuel ».

Bien sûr, les défis sont toujours là en ce qui concerne le gaz butane et le kérosène, mais la responsable a tenu à rassurer les représentants du peuple en assurant que des projets de stockage sont en cours afin d’augmenter les capacités de 400 000 mètres cubes pour le gaz butane et de 100 000 mètres cubes pour le carburant aérien à l’horizon 2030.

Lire aussi | GNL: comment le Maroc bâtit son nouveau socle énergétique

Enfin, le travail fait au niveau des pôles de croissance du pays fait état d’une concentration de 80 % des capacités de stockage dans les régions de Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan, ce qui a poussé l’exécutif à changer de fusil d’épaule pour orienter les investissements vers d’autres espaces territoriaux, notamment au niveau du port Nador West Med, appelé à devenir un pôle majeur dans le domaine des hydrocarbures et du stockage du gaz naturel.

Certes, le gouvernement a fait des efforts pour sécuriser son approvisionnement en énergie avec des actions énergiques planifiées dès le déclenchement de la guerre en Iran, mais l’incertitude pèse toujours sur l’évolution du conflit et ses conséquences sur la flambée des cours du Brent, entre autres.

Or, si à ce stade le Royaume a bien évité le pire, on peut toujours estimer que tous les acteurs du secteur énergétique -producteurs, régulateurs- comme les décideurs politiques doivent faire plus encore et mieux pour garantir aux citoyens une disponibilité ininterrompue de sources d’énergie à un prix abordable. Ce qu’on appelle, en d’autres termes, la sécurité énergétique d’une nation.

Auteur: Abdelaziz Bouabid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.