Tunisie : les tortues marines en pleine période de nidification, les recommandations d’un spécialiste [Vidéo]Tunisie : les tortues marines en pleine période de nidification, les recommandations d’un spécialiste [Vidéo]
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Le docteur et enseignant à la Faculté des sciences de Sfax, spécialiste des tortues marines, Imed Jribi, a indiqué, ce mercredi 1er juillet 2026, dans une déclaration à Tunisie Numérique, que les tortues marines sont des espèces migratrices à longue durée de vie. Elles se déplacent tout au long de leur cycle biologique entre les zones de nidification et les zones d’alimentation.

Des espèces présentes sur les côtes tunisiennes

Selon Imed Jribi, il existe à l’échelle mondiale 7 espèces de tortues marines, dont 3 sont présentes en Méditerranée. Il s’agit de la tortue luth, considérée comme la plus grande espèce, de la tortue verte et de la tortue caouanne, également appelée tortue à grosse tête, qui est la plus répandue.

Le spécialiste a précisé que les tortues verte et caouanne nidifient en Méditerranée. En Tunisie, la tortue caouanne est l’espèce qui pond régulièrement sur certaines plages, notamment dans les îles Kuriat et dans la région de Chebba. Des cas de nidification ont également été observés, ces dernières années, dans d’autres zones côtières s’étendant des frontières algériennes jusqu’aux frontières libyennes, mais de manière irrégulière.

Une espèce menacée malgré les efforts de protection

Imed Jribi a expliqué que la tortue verte nidifie principalement dans l’est de la Méditerranée, notamment à Chypre, en Turquie, en Palestine et en Syrie. Il a toutefois rappelé qu’un seul cas de nidification de cette espèce a été enregistré en Tunisie, dans la région de Rejiche, près du gouvernorat de Mahdia.

Le spécialiste a souligné que toutes les espèces de tortues marines sont menacées d’extinction, à des degrés différents. Il a toutefois estimé que la situation s’est améliorée depuis plusieurs années grâce aux études scientifiques et aux opérations de protection, insistant sur la nécessité de poursuivre ces efforts.

Une période sensible qui coïncide avec l’été

D’après Imed Jribi, les tortues marines sont aujourd’hui présentes dans presque toutes les zones côtières tunisiennes, avec des niveaux de présence variables. Elles choisissent généralement les plages sablonneuses pour pondre leurs œufs, le plus souvent pendant la nuit, dans des zones calmes, éloignées de l’activité humaine et de l’éclairage.

Le spécialiste a toutefois relevé que les tortues sont désormais observées dans des zones ne répondant pas toujours à ces conditions, en raison de la forte fréquentation de la quasi-totalité des plages tunisiennes.

Il a rappelé que la période actuelle correspond à la saison de nidification, qui commence à la fin du mois de mai et se poursuit jusqu’au mois d’octobre. Cette période inclut la ponte, l’éclosion des œufs et le retour des jeunes tortues vers la mer. Elle coïncide avec la saison estivale, ce qui augmente les risques de perturbation.

Les bons gestes à adopter sur les plages

Le spécialiste a appelé les estivants à éviter, autant que possible, de rester tard la nuit sur les plages sablonneuses, à limiter les activités intenses sur ces espaces et à réduire l’usage excessif de lumières.

En cas de découverte d’une tortue marine en train de nidifier, Imed Jribi recommande d’informer les autorités compétentes ou les associations environnementales, sans intervenir directement. Il a insisté sur la nécessité de ne pas toucher l’animal, de ne pas le déplacer et de ne pas tenter de le remettre à l’eau, rappelant que ces gestes, lorsqu’ils ne sont pas encadrés scientifiquement, peuvent perturber le processus de nidification.

Il a également précisé que des associations de protection de l’environnement sont présentes dans la plupart des régions tunisiennes et peuvent servir d’intermédiaires pour alerter les services spécialisés. Selon lui, cette démarche figure parmi les moyens les plus efficaces pour protéger les tortues marines.

Le golfe de Gabès, principale zone de mortalité

Concernant les cas de tortues retrouvées mortes sur les plages tunisiennes, Imed Jribi a estimé que cette situation peut parfois relever d’un phénomène naturel, davantage que d’une alerte exceptionnelle.

Il a expliqué que le plus grand nombre de tortues mortes est généralement enregistré dans le golfe de Gabès, principalement parce que cette zone constitue un espace d’alimentation important pour ces espèces. Leur présence y est donc plus élevée que dans d’autres régions, ce qui explique également un nombre plus important de cas de mortalité.

La pêche, la pollution et le plastique parmi les risques

Le spécialiste a ajouté que le golfe de Gabès est également la première zone de pêche maritime en Tunisie, avec un nombre très important d’embarcations. Les tortues marines peuvent ainsi se retrouver accidentellement prises dans les filets ou les engins de pêche, même si elles ne sont pas ciblées par les pêcheurs.

Il a indiqué que les marins remettent souvent les tortues à l’eau lorsqu’elles sont encore vivantes, mais que certaines sont parfois retrouvées déjà mortes. Il a lancé, à ce titre, un appel aux pêcheurs afin de vérifier si une tortue est réellement morte ou simplement inconsciente avant de la rejeter en mer.

Selon lui, lorsqu’une tortue est encore vivante, il convient d’éviter de la remettre immédiatement à l’eau, de tenter de faciliter l’évacuation de l’eau de ses poumons, puis de la relâcher après un court moment si son état le permet.

Imed Jribi n’a pas exclu l’existence d’autres facteurs contribuant à la mortalité des tortues marines, notamment la pollution, les déchets plastiques et d’autres formes de contamination, qui accentuent les menaces pesant sur ces espèces protégées.

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Auteur: Yassine Atoui
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