Inauguration de la Grande Mosquée d’Alger

Reportée à plusieurs reprises, l’ouverture de ce gigantesque monument architectural replonge l’opinion publique dans une multitude de polémiques liées notamment au budget qu’a nécessité sa réalisation mais aussi son utilité.

Inspectée jeudi par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la Grande Mosquée d’Alger sera inaugurée le 1ernovembre prochain.

C’est la date fixée par le premier responsable du pays pour un édifice qui ne cesse de susciter des questionnements. Héritage du lobby des Bouteflika, la Grande Mosquée d’Alger sera inaugurée et ouverte aux fidèles dès ce 1er novembre.

Reportée à plusieurs reprises, l’ouverture de ce gigantesque monument architectural replonge l’opinion publique dans une multitudes de polémiques liées notamment au budget qu’a nécessité sa réalisation mais aussi son utilité.

D’une capacité de 120 000 fidèles, la Grande Mosquée d’Alger a nécessité un budget de plus de 2 milliards de dollars. Un budget alloué à l’entreprise chinoise China State Construction Engineering (CSCEC), qui a été au centre de plusieurs polémiques tout au long des sept années de réalisation.

«Pourquoi dépenser autant d’argent pour un complexe cultuel et culturel pareil alors que nos hôpitaux sont surchargés ?» s’interrogeaient plusieurs membres de la société civile. Certains sont même allés à un appel à la signature de pétitions d’envergure nationale pour l’arrêt du projet.

Les travaux, qui ont malgré la contestation avancé, avec une révision du budget, initialement estimé à 1 milliard de dollars, les différents appels se sont dirigés vers l’appel à la transformation du projet d’une mosquée en un grand centre hospitalo-universitaire. Une grande pétition avait fait le tour des réseaux sociaux pour demander ce transfert de l’édifice resté «en jachère» depuis la finalisation des travaux en 2019.

Elle est restée sans suite. «Quelle est l’utilité d’une grande mosquée alors que nos hôpitaux fonctionnent au-delà de leurs capacités et dans des immeubles qui datent de l’époque coloniale ? Toutes les mosquées construites dans les quartiers, les villages et les cités ne sont-elles pas suffisantes au point d’aller vers la construction d’une grande mosquée à Alger ?» disaient les signataires de cette pétition.

Selon les estimations, les 2 milliards de dollars auraient suffi pour la réalisation de 4 grands CHU, dont celui inscrit dans la commune de Zéralda. Les travaux n’y ont pas été lancés pour cause de crise financière.

Ce n’est pas tout ! L’emplacement de la mosquée sur un terrain à risques, étant dans la périphérie de l’oued El Harrach, a interpellé les spécialistes qui ont crié à l’arnaque. Le Pr Abdelkrim Chelghoum, président du Club des risques majeurs, avait alerté quant à un véritable risque, notamment qu’elle est construite sur une terre marécageuse et sismique.

Sur la même lancée, le président du Conseil national des architectes algérien (CNOA), Djamel Chorfi, avait signalé des erreurs graves dans l’étude du projet. Selon ses déclarations à la presse, il avait souligné que les deux bureaux allemands chargés de l’étude et de la conception n’avaient pas eu assez de moyens pour mener à bien leur travail.

Une chose est sûre, dès le mois de novembre et l’ouverture de cette grande mosquée, l’entrée est d’Alger risque d’être encore plus impactée par la circulation. Et si cela peut en soulager certains, avec cet édifice, l’Algérie aura la 3e plus grande et importante mosquée, après celles de La Mecque et de Médine. 

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Auteur: Anis Khecheba
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