
À mon père…[1]
Par Rita Amabili-Rivet[2]
Maintenant, je cours bien avant toi,
Mais je voudrais que nos âmes
Marchent du même pas,
Marchent du même pas,
Quand ma vie frotta ses yeux
La tienne sonna l’angélus,
L’aurore et le midi se firent face,
Ils s’aimèrent.
Mon père, mon vieux,
Par l’amour qui te façonne
Par la fierté des tiens,
Bien qu’hier, tu es demain.
Ton dos se voûte, mon père,
Même quand tu te redresses
Ton corps ressemble
À celui d’un homme en prière.
Tes yeux se voilent, mon père,
Ils ont perdu depuis longtemps
Les détails de mon visage,
Comme ils voient mieux mon cœur!
Ton pied se fait moins sûr,
Ta promenade moins longue,
Qu’importe! Du chemin des tiens
Tu es la jonction
Ta mémoire se fait plus courte
Et ton souvenir plus long,
Tu es le passé qui persiste;
Mais mon enfant te perpétuera.
Tu es l’image de ton peuple,
Celui qui vit en moi.
Mon père, mon vieux,
Bien qu’hier, tu es demain.
Mon père, je cours bien avant toi
Mais nos âmes, tu sais,
Marche du même pas.
Mon enfant te perpétuera
[1] Publié avec l’aimable autorisation de Rita Amabili-Rivet. Extrait du roman « Guido : le roman d’un immigrant ». Paru aux Éditions Hurtubise en 2004.
[2] Née à Montréal et d’origine italienne, Rita Amabili est d’abord infirmière. Avec une maîtrise en théologie à l’Université de Montréal et plus de vingt années d’expérience comme auteure, elle écrit sur l’immigration italienne ; l’histoire des femmes dans le christianisme ; le droit des enfants, spécialement ceux qui sont victimes de conflits armés. Par ses réalisations sur certains sujets délicats ayant trait aux valeurs et au sens de la vie, elle veut changer le monde et propager à sa manière une solidarité internationale. Ses principaux travaux sont : Voyage sur Angélica (1999), Guido le roman d’un immigrant (2004), Saffia femme de Smyrne (2007), Marguerite, prophète (2014), AZAG et les enfants (2018), La lingère d’Acquaviva (2019), Clara et Gros-Paquet d’Amour : livres 1 et 2 (2020). Plusieurs de ses livres sont traduits en italien et présentés en Italie. Elle reçoit les armoiries de la région Marche en 2012 en hommage à ses recherches sur l’immigration italienne et son roman historique.
