
Il s’agit d’une excellente question ! La réponse dépend beaucoup de votre situation personnelle, de vos objectifs financiers et de votre espérance de vie, également. Toutefois, tout n’est ni noir, ni blanc. Chaque stratégie comporte des avantages et des inconvénients.
Voici quelques éléments clés à considérer, lors de cette réflexion qui aura un impact important sur votre avenir financier.
Avantages de débuter par le régime privé
Profiter d’une certaine flexibilité au niveau des montants
Les régimes privés comme les REER, CRI ou FRV offrent souvent plus de souplesse dans les retraits. Vous pouvez adapter vos décaissements à vos besoins. Par exemple, si des rénovations urgentes nécessaires devaient être effectuées à votre maison, vous pourriez recevoir un montant en une semaine, à peine. Cependant, le retrait deviendrait alors un revenu imposable.
Viser l’optimisation fiscale
Retirer d’abord de vos régimes de retraite ou de vos REER, peut réduire votre revenu imposable futur, ce qui pourrait vous permettre de recevoir une plus grande part des prestations gouvernementales comme la pension de la sécurité de vieillesse fédérales (PSV) ou celles de la Régie des rentes (RRQ), qui sont parfois réduites en fonction de vos autres revenus.
Gérer la croissance des prestations publiques
Reporter la RRQ ou la PSV augmente leur montant mensuel. Par exemple, retarder la RRQ jusqu’à 70 ans peut bonifier vos paiements de plus de 40 %. Cependant, débuter l’encaissement de ces prestations publiques entre 60 ans et 65 ans, réduit leur montant pour la durée de votre vie.
Inconvénients de commencer par le régime privé
Risque d’épuisement du capital privé
Si vous vivez longtemps, vous pourriez épuiser vos économies privées trop tôt, si vous survivrez au-delà de vos prestations, à moins de bénéficier d’un régime de retraite à prestations déterminées.
Marchés volatils
Les régimes privés sont souvent exposés aux fluctuations du marché. Retirer tôt peut vous faire manquer des gains potentiels à long terme.
Il n’y a pas de réponse universelle. Une stratégie courante consiste à retirer d’abord des régimes privés pour laisser croître les prestations publiques, mais cela dépend de vos revenus, de votre état de santé, de vos objectifs successoraux et de votre tolérance au risque. Il va de soi qu’une personne ayant une espérance de vie réduite en raison de maladie, aurait intérêt à encaisser ses revenus de retraite plus rapidement qu’une personne en excellente santé.
Quelques exemples concrets de stratégies de retrait
Voici quelques stratégies concrètes de retrait que les retraités utilisent pour maximiser leur revenu tout en minimisant l’impôt et en prolongeant la durée de leurs épargnes :
La stratégie séquentielle classique
Cette stratégie consiste à adopter l’ordre de retrait suivant soit, encaisser les comptes non enregistrés, en premier lieu, suivi des REER et des FERR et enfin, les CELI. On commence par les comptes déjà imposés, et on retire graduellement des REER pour éviter de grimper dans les tranches d’imposition, et on garde le CELI pour la fin, puisqu’il est libre d’impôt.
La stratégie de lissage fiscal
L’objectif de cette stratégie est de retirer des montants modérés de REER dès la retraite, même si on n’en a pas besoin immédiatement. Cela permet de profiter d’un taux d’imposition plus bas avant que les retraits obligatoires du FERR ne commencent à 71 ans. On évite ainsi des hausses d’impôt soudaines plus tard. Rien n’empêche de placer les montants retirés dans un compte bancaire ou dans un CELI pour utilisation future.
La stratégie du report des prestations publiques
Cette stratégie consiste à utiliser ses épargnes privées (REER, CELI) entre 60 et 70 ans pour retarder le paiement de la RRQ et la PSV, le plus tard possible, puisqu’un encaissement tardif augmente le montant des prestations. Ainsi, chaque année de report augmente vos prestations (jusqu’à 42 % de plus pour la RRQ à 70 ans, par exemple). Cela crée un revenu garanti plus élevé à vie.
La stratégie de retrait proportionnel
Cette approche permet de retirer chaque année un pourcentage fixe de chaque type de compte (REER, CELI, non enregistré, sous réserve des maximums prévus par la loi). Si cette approche semble un peu plus complexe, elle permet cependant, de diversifier les sources de revenu, de lisser l’impôt et de maintenir une certaine flexibilité.
Le fractionnement du revenu pour les couples
Il s’agit d’une tactique permettant de transférer jusqu’à 50 % du revenu de pension admissible à son conjoint. Le fractionnement a pour avantage de réduire l’impôt global du couple, surtout si l’un des deux a un revenu beaucoup plus élevé que l’autre.
Chaque stratégie a ses avantages selon votre profil. N’hésitez pas à contacter un professionnel ou à effectuer des projections à l’aide d’une application, si vous êtes à l’aise avec le domaine des finances. Vous pourrez ainsi, comparer plusieurs scénarios ou bâtir un plan de décaissement personnalisé. Toutefois, n’oubliez pas de bien identifier vos sources de revenu à la retraite (REER, CELI, pension, etc.), afin d’obtenir une estimation la plus près possible de votre réalité.
Martine Dallaire, B.A.A.
