La plupart des gens travaillent avec acharnement pour gagner leur vie, n’étant pas indépendants de fortune. Aussi, il importe de travailler dans un milieu qui correspondant à nos valeurs, qui nous rend heureux et conséquemment, productif. Or, plusieurs personnes travaillent dans des conditions qui ne semblent pas refléter leurs valeurs ou au sein d’une organisation ou d’un travail, qui ne les rend pas heureuses et productives. Ces travailleurs se demandent parfois, si leur personnalité ou leurs valeurs sont en cause, alors que leurs questionnements pourraient révéler qu’ils travaillent dans un milieu toxique, qui tôt ou tard, finira par nuire à leur santé physique et psychologique.

Pas uniquement une question d’ambiance

D’abord, il faut savoir, qu’un environnement de travail nocif ne se définit pas uniquement par une mauvaise ambiance : il s’agit d’un climat qui affecte la santé mentale, émotionnelle ou physique des employés, à court ou long terme. On peut détecter un lieu de travail toxique, par l’observation de plusieurs variables, autres que l’ambiance et qui s’ajoutent à celle-ci.

Signes liés à l’ambiance et aux relations

Le manque de respect constitue un facteur important, permettant de déterminer.de près ou de loin, qu’il s’agit d’un lieu de travail qui ne permet pas aux membres du personnel de s’épanouir pleinement. Par exemple, des propos dévalorisants ou les sous-entendus émis par un supérieur ou des collègues, nuisent à la productivité et à la détermination de la personne qui fait l’objet d’un manque de respect. Les critiques non constructives font également partie Des raisons pour lesquelles un environnement de travail peut s’avérer toxique. Qu’il s’agisse d’une critique émise lors d’une évaluation ou à propos des valeurs ou de la personne même du salarié, ce genre de critique peut rapidement mener à la démotivation et à une baisse de rendement de la personne qui en est l’objet. Les sarcasmes font également partie des remarques, visant à détruire l’ambiance de travail, la motivation et l’estime de soi d’un travailleur.

Conflits fréquents

Les tensions constantes et les disputes entre collègues ou avec la direction, devraient également mettre la puce à l’oreille du travailleur, quant au genre de climat qui règne à l’intérieur de l’organisation. Il n’est pas normal que l’ensemble des salariés soient sous constante tension ou d’être témoin des disputes allant au-delà d’un simple désaccord, sur les lieux de travail.

Favoritisme ou inégalités

Il est également à remarquer que généralement, les entreprises réputées pour leur climat de travail malsain, font souvent preuve de favoritisme envers certains employés qui sont toujours privilégiés ou protégés, que ce soit par l’octroi de vacances supplémentaires, de la flexibilité quant aux heures de travail, ou par des privilèges autres.

Isolement de certains membres du personnel

La mise à l’écart volontaire de certaines personnes et le manque de collaboration font également partie des signes qui démontrent qu’un milieu de travail est potentiellement malsain. Qu’il s’agisse d’exclure une personne d’activités corporatives ou récréatives organisées par l’employeur sur les lieux de travail, de ne jamais adresser la parole à un salarié voire, ne jamais le saluer ou de ne pas communiquer des informations ou éléments importants essentiels au travail d’un salarié.

Communication déficiente

L’émission de directives floues ou la rétention d’informations liées aux tâches ou à l’organisation du travail constituent également une source de toxicité au travail, puisque cette manœuvre pourrait provoquer de l’anxiété dans l’exécution des tâches, en plus d’erreurs et de retards liés au manque d’informations pertinentes qui risqueraient de conduire à des évaluations défavorables pour le salarié.

Micromanagement

Le micromanagement, lequel est défini comme un contrôle excessif, voire l’absence d’autonomie laissée aux employés constitue l’un des principaux motifs d’absentéisme et de démission. Il peut s’agir, de suivis obsessifs des tâches d’un salarié, de rencontre individuelle quotidienne, du refus de déléguer, d’effectuer des corrections ultra détaillées ou de contrôler les horaires à la minute près, par exemple.

Absence de reconnaissance

Les efforts faits par les membres du personnel ne sont pas soulignés, seuls les échecs sont pointés et parfois même, devant tous.

Charge de travail démesurée

Le supérieur immédiat peut pareillement, faire preuve d’attentes irréalistes, d’imposer des heures supplémentaires implicites ou de refuser certains congés gouvernementaux ou personnels aux salariés, entre autres.

  1. Les conséquences individuelles et collectives d’un milieu professionnel toxique 

Des impacts sur la santé individuelle

Un environnement de travail malsain peut engendrer un stress chronique qui peut se manifester par de l’anxiété avant d’aller au travail, sentiment constant de pression. On peut également souffrir de symptômes physiques tels que des maux de tête, de l’insomnie, de la fatigue persistante et des problèmes digestifs liés au stress.

La perte de motivation

Le désengagement et l’indifférence face aux tâches sont également des signes de démotivation professionnelle, de burn-out et de désengagement des employés. 

Un climat de crainte

Dans un milieu de travail toxique, les salariés éprouvent très souvent la crainte de s’exprimer sur des sujets d’intérêt sur ses tâches par peur de perdre leur emploi ou de subir des représailles.

  1. Indices collectifs de toxicité du milieu 

Taux de roulement élevé

On trouve souvent, dans le milieu nuisible, beaucoup de départs volontaires et ce, rapidement après le début d’entrée en fonction. De même, on rencontre beaucoup de congés maladie et souvent, en grand nombre durant la même période. 

Absences fréquentes

Signes d’un milieu professionnel malsain, les congés pour épuisement, stress ou maladie psychologique sont souvent légion. 

Rumeurs constantes

En raison du manque de confiance et de la méfiance dans un milieu de travail nocif, la culture du commérage est très souvent présente, ce qui amplifie la toxicité du milieu. 

  1. Mettre fin au milieu de travail toxique 

Documenter les comportements toxiques

Garder une trace écrite des incidents, des remarques déplacées ou des décisions injustes est utile si vous devez en parler à un supérieur ou aux RH. 

Fixer des limites claires

Apprendre à dire non, à refuser les tâches abusives ou les communications en dehors des heures de travail sont des moyens efficaces pour fixer des limites et réduire les demandes insistantes. 

Chercher du soutien

Parler à des collègues de confiance, consulter les ressources humaines, tant que la situation toxique ne vient pas des RH, ou envisager un soutien externe (coach, psychologue, syndicat). 

Développer son réseau professionnel

Disposer de contacts en dehors de son entreprise peut ouvrir des portes et offrir une perspective extérieure. 

Préparer une sortie stratégique

Si le climat ne change pas, commencer à explorer d’autres opportunités professionnelles, puisque votre bien-être vaut plus qu’un poste toxique.

Martine Dallaire, B.A.A.