Auteur de romans et de poésie[1], l’écrivain algéro-canadien Djaffar Kaci pilote depuis le mois d’avril 2024 « Paroles en lumières », une émission culturelle qui est diffusée sur YouTube. L’auteur vient de publier son nouveau recueil de poésie « En m’arrêtant sur la route ».
Résumé : En m’arrêtant sur la route est un recueil de poésie, une halte au milieu du tumulte de la vie. À travers mes vers, je tente de saisir le regard que je pose sur le monde, ses élans profonds, ses émotions fugitives et ces souvenirs qui, doucement, s’effacent sous le poids des années. Chaque poème est une étape, une échelle, une invitation à ralentir la cadence pour vivre.
[1] Djaffar Kaci a déjà publié : Du sucré à l’amer, Le Printemps fleurira bientôt, Les Braises de mes vingt ans, L’inévitable introspection, Moisson fertile, Pour l’amour des mots: Textes de chansons
Extraits de son dernier recueil
« En m’arrêtant sur la route »
Page 87 – Le romantique !
Ne t’arrête jamais de m’aimer, J’ai tant de roses à te donner, Tant de refrains à te chanter. Oui, aime-moi, sans t’arrêter Quand tu es là, tout brille, Tout s’illumine et scintille. La quintessence du Gazouillis Essaim de roses et de brindille. Je suis riche de ta tendresse, De ton étreinte et tes caresses. Je conserve l’éternelle jeunesse Foudroyant élixir de mon ivresse. Tout est beau quand je t’aime, Tu irises mes matins blêmes. Tout cet amour que tu sèmes, Tel le plus beau des requiems. dk
« Train de vie ! »
En mer, n’arrête pas de ramer
L’inertie serait la pire fatalité
Sache qu’autant la vie est belle
Certains chemins sont cruels
Tiens bon l’ami, ne lâche pas
Te laisse pas trahir par ces parias
Tu sais qui tu es et d’où tu viens
Et tu sauras toujours ou tu iras demain
Hier encore, j’érigeais des conquêtes
De mon joli coin, en haut des crêtes
Je rêvais d’espace, d’étoiles scintillantes
Poussière d’étoiles au devenir incertain
Alerte, je boudais les saisons qui décline
J’évacuais fissa, tout ce qui me chagrine
Si certains chemins sont plus faciles
La destination prend des allures d’exil.
La vie, mes amis, se savoure au présent
Le passé éveille trop nos égarements
Ne craint pas d’entrer dans l’arène
Dès que les armes vous conviennent
À présent que mes forces vieillissent
Madame nostalgie a quitté les coulisses
Pour me rappeler à son bon souvenir
Une fameuse épopée qui me faire languir
Ce tumulte exulte alors mon appétit
Telle la plume de l’écrivain qui s’investit
Oui, je n’ai que des mots pour m’apaiser
J’ai la chance de ne pas en manquer
Comme la plupart, j’ai commis des erreurs
Qui n’en fait pas, en donnant son cœur
Le plus important est de cultiver le pardon
Rester humble et loyal en redoublant d’affection
J’ai vu mourir des roses, sans les cueillir
Des parfums de jeunesse sans les chérir
Avec un cœur aussi lourdement abîmé
Hélas, j’ai dû à maintes fois me résigner
Bien-sûr, il m’arrive de baisser pavillon
Mais sans éveiller le moindre soupçon
Je me confie au ciel pour une délivrance
Espérant au matin certaines réponses
La nuit, toujours ce même songe
Embourbé, dans d’épaisses fanges
Surgissent mes angoisses antérieures
Ô Nostalgie, je hais ta dure profondeur
De tout temps, la poésie était mon égérie
Papier-crayon, et voilà mon grain de folie
Mes muses me susurrent alors ou aller
Pour goûter au repos du guerrier
L’exil, ce n’est pas juste quitter son pays
C’est le bruit de la solitude qui asphyxie
Me vient l’envie de savoir si je suis utile
Si le chemin rend la tâche moins difficile
Ah, n’était ce, ce vacillement sentimental
J’aurais pu fréquenter d’autres bals
Moi, qui à plus de cinquante pétales
Cette halte me semble inévitable.
Rappelez-vous, le passé meurt et les souvenirs restent !