Un dangereux cercle vicieux
Alors que le nombre de personnes en situation d’itinérance a augmenté de 44% au Québec entre 2018 et 2022, un nouveau dénombrement réalisé au printemps risque malheureusement de révéler une progression de cette tendance. En effet, la hausse des loyers, un des facteurs en cause, a été plus forte depuis 2022 qu’entre 2018 et 2022.
La prévalence de la toxicomanie ou des problèmes de santé mentale étant plus grande chez la population itinérante que dans le reste de la population, on est davantage témoin dans l’espace public de situation où des personnes ont des comportements qui peuvent en choquer certains ou faire peur à d’autres.
De fait, le débat public s’est beaucoup concentré sur les problèmes vécus par les commerçants et la population logée ainsi que sur les manières d’améliorer leur sentiment de sécurité. C’est dans ce contexte qu’à Montréal, la STM a par exemple décidé d’interdire le flânage dans le métro, ou encore que des agent•e•s de police et des agent•e•s de sécurité supplémentaires ont été assigné•e•s cet été au centre-ville de la métropole.

Privilégier des solutions répressives ne peut « au mieux » que pousser les personnes en situation d’itinérance en marge de certains quartiers et les éloigner des services qui leur sont destinés. Certes, les municipalités n’ont pas en leur possession tous les leviers pour agir sur cet enjeu qui découle notamment de la difficulté d’accès à des soins en santé mentale et à différents services sociaux ainsi que de la détérioration de l’accès au logement et de la hausse du coût de la vie en général.
De voir les gouvernements de François Legault et de Mark Carney accentuer leur virage à droite et privilégier le déficit zéro à l’investissement public dans la qualité de vie de la population, dont celle des groupes les plus vulnérables, n’est en ce sens pas rassurant. C’est la recette parfaite pour une accentuation des inégalités et des problèmes sociaux qui, comme l’itinérance, en découlent largement.

Regards croisés sur l’écologie et l’économie: l’Économiste qui murmurait à l’oreille des animaux
L’animalité est l’une des lignes de tension où la division entre économie et écologie s’exprime de manière particulièrement féconde. D’Aristote à Keynes en passant par Smith et Marx, force est de constater que même lorsqu’elle s’intéresse aux animaux, l’économie reste très centrée sur l’humain – que ce soit en calculant la valeur d’une espèce à travers l’importance que lui accordent les humains ou alors en prêtant aux animaux une rationalité très humaine.

Cela s’explique en partie par le fait que l’économie dominante reste très individualiste dans sa méthodologie. On part bien souvent de l’individu (humain !) et de ses décisions pour expliquer la globalité de l’organisation sociale. Cette manière d’appréhender la question économique réduit les possibilités de décentrage au-delà de notre espèce. Aujourd’hui, les alternatives les plus radicales à cet égard sont à chercher à l’extérieur de la discipline économique.