Après l’embellie économique qui anime tout le pays, il fallait s’attendre à ce que la Banque Centrale du Canada relève encore une fois son taux directeur, il s’agit de la deuxième hausse de suite en 2017(+0.25 en juillet et +0.25 en septembre) pour s’établir désormais à 1%. Le taux directeur, appelé aussi le taux cible du financement à un jour, est le principal outil dont dispose la Banque du Canada pour influer sur l’octroi de crédit et moduler l’inflation. Depuis novembre 2000, la Banque Centrale a mis en place une nouvelle approche consistant à annoncer à travers huit dates fixes par an des éventuelles modifications du taux directeur qu’elle utilise pour mettre en œuvre sa politique monétaire.

En effet, les variations du taux directeur influent non seulement sur le taux d’intérêt auquel les principales institutions financières se prêtent des fonds pour une durée d’un jour, mais également sur les autres taux d’intérêts (taux des prêts à la consommation et des prêts hypothécaires) et le taux de change du dollar canadien. En quoi ces deux récentes variations affecteront-elles les consommateurs canadiens?

Resserrement des conditions de crédit

Qu’il s’agisse des hypothèques, des cartes de crédit, des prêts étudiants, des prêts automobiles ou encore des marges de crédit, le coût de l’emprunt est désormais plus élevé. Juste après l’annonce de la première hausse du taux directeur en juillet, plusieurs banques ont augmenté leur taux préférentiel de 2,70 % à 2,95% et il a été ajusté à 3,2% après la deuxième hausse du mois de septembre. Le taux préférentiel sert de référence aux banques lors de négociation des hypothèques et d’autres prêts à taux variables au Canada. Les hypothèques à taux variables, qui représentent près d’un tiers au Canada, sont immédiatement concernées par la hausse. Les emprunteurs de ce type d’hypothèque devront débourser mensuellement quelques dollars de plus. Les détenteurs d’hypothèque à taux fixe verront leur taux hypothécaire augmenter au renouvellement du terme de leur prêt.

Concernant, les cartes de crédit et les prêts automobiles, qui sont généralement à taux fixes, les paiements devraient rester les mêmes, alors que les nouveaux détenteurs et acheteurs devront payer plus. Emprunter ponctuellement de l’argent sur les différentes marges de crédit coûtera désormais plus cher puisque les taux d’intérêt de celles-ci dépendent du taux référentiel des banques qui est en hausse.

Une épargne plus rémunérée

Les différents instruments d’épargne (comptes épargnes, régimes enregistrés d’épargne, dépôts à terme, certificat de placement garanti et obligations d’épargne) bénéficieront d’une rémunération plus élevée avec la hausse des taux d’intérêt. Les instruments à revenus fixes comme les dépôts à terme et les certificats de placement garantis auront un rendement plus fructueux.

Quelles sont les décisions futures ?

Les variations du taux directeur ne sont pas encore terminées, les économistes s’attendent à d’autres hausses en raison de l’économie canadienne qui croît vite et les ménages qui s’endettent davantage. Les prochaines décisions dans ce chapitre seront dictées par les données de la conjoncture économique (évolution de la croissance économique, niveau de l’inflation et la valeur du dollar canadien), mais également par la sensibilité de l’économie aux taux d’intérêt élevés, notamment l’impact sur les ménages dont le niveau d’endettement est déjà élevé.

Sofiane Idir

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