Les déchets plastiques prolifèrent dans le monde entier, et leurs effets néfastes sont un danger grave et croissant pour la santé humaine et planétaire.

Les plastiques sont des matériaux synthétiques fabriqués par l’industrie pétrochimique à partir de combustibles fossiles : pétrole, gaz et charbon. Les plastiques sont composés d’une matrice de polymères et de divers additifs chimiques qui leur confère diverses propriétés telles que flexibilité, stabilité, couleur, résistance au feu, imperméabilité à l’eau.

La grande diversité des plastiques complique le travail des scientifiques, notamment ceux des microplastiques. Chaque type de plastique nécessite une méthode d’analyse différente, ce qui rend leur étude complexe et entraîne des obstacles que les chercheurs appellent des « barrières méthodologiques ».

Lorsque des microplastiques ont commencé à être découverts dans les appareils digestifs de poissons et de crustacés, l’inquiétude s’est portée sur le danger des produits de la mer pour la santé. Au fil du temps, des scientifiques ont annoncé qu’ils avaient trouvé des minuscules particules de plastique chez des humains vivants et dans des parties du corps où elles n’avaient jamais été observées auparavant : dans les poumons, foie, reins, cerveaux de patients opérés…

On trouve des microplastiques dans le sel, les fruits et légumes frais, et même dans l’eau potable. Une étude révèle la présence d’une centaine de particules de microplastiques par litre en moyenne dans les bouteilles en verre de bière, limonade, Coca-Cola ou thé glacé. En effet, les fragments de plastique sont plus nombreux dans des bouteilles en verre que dans des canettes, briques ou même des bouteilles en plastique. Les coupables : probablement les peintures des capsules métalliques. Comment expliquer cette différence ? Très vite, les soupçons se sont portés sur les capsules métalliques, mais surtout, sur la peinture qui les recouvre.

La pollution microplastique a colonisé notre corps. On boit, mange et respire quotidiennement des particules de plastique. A travers l’eau qu’on boit et les produits qu’on consomme (poissons, viande, produits emballés dans du plastique…) On ingère l’équivalent du poids d’une carte bancaire de plastique par semaine, soit environ 5 grammes.

Les conséquences, sur la santé, d’une ingestion de microplastiques sont de deux ordres : les fragments eux-mêmes peuvent provoquer des mécanismes inflammatoires. Or, on en retrouve désormais dans tous les organes, tel le pénis, et jusque dans le fœtus ; parmi les très nombreux additifs contenus dans les plastiques, certains sont potentiellement cancérogènes, reprotoxiques, mutagènes ou perturbateurs endocriniens.

Des particules de plastiques ont été détectées dans des échantillons de sang provenant de donneurs en bonne santé. Les particules de plastique ingérés peuvent non seulement traverser la barrière intestinale et se retrouver dans le sang, mais aussi par la suite dans divers organes tels le foie, les poumons, le placenta et dans des fluides corporels tels le lait maternel et l’urine.

Les particules de plastique retrouvées dans le corps humain proviennent principalement de la chaîne alimentaire. Les microplastiques pénètrent dans le corps humain principalement par ingestion. L’autre voie est l’inhalation, ce qui comporte des risques pour le système respiratoire pouvant se déposer dans les voies respiratoires, voire atteindre les alvéoles pulmonaires.

Une fois dans le corps, les microplastiques peuvent traverser les barrières biologiques, comme la paroi intestinale, et potentiellement atteindre divers organes.

L’eau potable est une source majeure des plastiques ingérés quotidiennement. En effet, des quantités élevées étaient retrouvées dans de l’eau embouteillée, dans l’eau du robinet en deuxième position, et peu de plastiques découverts dans des échantillons d’eau de puits. Le PET (Polyéthylène téréphtalate) et le polypropylène sont les plastiques les plus présents puisque la plupart des bouteilles d’eau sont fabriquées avec du PET et que les bouchons sont en polypropylène.

Les aliments pouvant contenir des microplastiques sont l’eau potable (surface et souterraine), le sucre, le lait et le lait en poudre, le thé, les légumes (carottes, brocolis, laitue), les fruits (pommes, poires), les produits de la mer (les crevettes, les goberges, les moules, les huîtres, les crabes, les calamars), les boissons énergisantes, l’eau en bouteille en PET, PET recyclé, verre, la viande (le bœuf, le porc, le poulet), les plats cuisinés frits type (les nuggets de poulet, les crevettes panées), le miel, le tofu, le sel, le vinaigre, les produits d’origine végétale (les nuggets végétales, les bâtonnets de poisson végétal, le bœuf haché végétal), les boissons alcoolisées (vin blanc, bière), les boissons non alcoolisées.

Depuis quelques décennies, de plus en plus de denrées alimentaires sont emballées dans du plastique, sous forme de pellicules, barquettes et contenants. De nos jours, plusieurs fruits et légumes offerts au supermarché sont emballés dans du plastique : laitues, concombres, poivrons, champignons, choux, fruits, petits fruits, viandes, poissons, etc.

Un consensus sur la nécessité de réduire l’utilisation des emballages en plastique émerge à l’échelle mondiale. Pas si simple, car cela représente un défi parce que les emballages en plastique sont très utiles pour protéger les fruits et légumes et par conséquent très efficaces pour diminuer le gaspillage alimentaire et ses impacts sur l’environnement.

 Mohand Lyazid Chibout (Iris)

By Mohand-Lyazid Chibout

Mohand Lyazid Chibout (nom de plume Iris), né à Ait Soula, dans la commune de Chemini à Béjaïa en Algérie, est un écrivain, poète, correcteur (édition, presse) et chroniqueur algérien kabyle d'expression française. Il a publié : Traduire un silence (2010), Amoureux-nés (2010), La Finitude (La haine de soi) (2014), Les Saisons mortes (2018), Les Lumières de l'ombre, recueil de réflexions et aphorismes (2023)