Être rétrogradé au travail demeure une situation inconfortable tant pour celui qui la subit que pour son entourage professionnel. En outre, cette trajectoire est tout à fait contraire à ce qu’on attend de sa vie professionnelle puisque la grande majorité des travailleurs aspirent à gravir les échelons au lieu de les dégringoler. Il arrive cependant, que certains d’entre eux soient réaffectés à un poste de niveau inférieur et ce, pour différentes raisons. Une chose est toutefois certaine, c’est que la rétrogradation s’accompagne d’une diminution salariale, d’une réduction des responsabilités et les dossiers trépidants sont rarement au rendez-vous, une situation qui sape le moral, mais qui peut susciter des bruits de couloirs.

Les motifs de rétrogradation sont nombreux mais ont en commun leur gravité : fraude, vol, fraude, insubordination, incompétence, travail bâclé, non atteinte des objectifs, violence et absentéisme risquent de mener à la rétrogradation, une mesure presqu’aussi sévère qu’un congédiement. Mis à part, les effets immédiats qu’entraîne la rétrogradation, cette dernière mine les chances d’avancement, risque de faire plafonner la carrière, emporte un ralentissement au niveau de l’acquisition des compétences et plus grave encore, fait perdre la confiance de l’employeur envers l’employé rétrogradé. Le climat de travail avec les collègues est aussi entaché, la méfiance risque de s’installer et l’employé rétrogradé pourrait être l’objet de remarques déplaisantes de la part des autres salariés de l’entreprise ou être mis à l’écart.

Outre la rétrogradation pour cause liée directement au salarié, il existe d’autres motifs pour le rétrograder. On parle plutôt en ce cas de déclassement. Ces motifs sont attribuables au contexte même de l’entreprise et sont souvent identifiés à une abolition de poste, une fusion avec une autre entreprise, une restructuration des postes ou des compressions budgétaires.

En l’absence des motifs énumérés ci-haut, l’affectation à un poste de niveau inférieur donne lieu à s’interroger puisque qu’il peut s’agir d’une forme de harcèlement psychologique. C’est ce qu’on appelle un congédiement déguisé. Une telle situation se produit quand un supérieur hiérarchique souhaite que le salarié quitte l’entreprise sans avoir à lui verser une quelconque indemnité. On tentera de miner sa crédibilité, on le harcèle de manière insidieuse, on lui fait des remarques désobligeantes, on l’isole, on ne lui parle plus, on lui fait des évaluations de rendement négatives ou on lui enlève certaines responsabilités. C’est alors, le début d’une longue descente aux enfers pour le travailleur déclassé. Certains éviteront de croiser leur patron ou éprouveront de la haine, de la colère, de la tristesse, une perte d’estime de soi qui mèneront éventuellement à l’épuisement professionnel, au départ volontaire ou au congédiement.

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https://linitiative.ca/wp-content/uploads/2017/04/06-MD-Être-rétrogradé-au-travail-440-OK_resize.jpghttps://linitiative.ca/wp-content/uploads/2017/04/06-MD-Être-rétrogradé-au-travail-440-OK_resize-150x150.jpgMartine Dallaire.EmploiEmploiÊtre rétrogradé au travail demeure une situation inconfortable tant pour celui qui la subit que pour son entourage professionnel. En outre, cette trajectoire est tout à fait contraire à ce qu’on attend de sa vie professionnelle puisque la grande majorité des travailleurs aspirent à gravir les échelons au lieu...Journal économique, culturel et social