
Malgré des décennies d’expérience, de compétences solides et une éthique de travail éprouvée, de nombreux travailleurs âgés se heurtent à un mur invisible lorsqu’ils cherchent un nouvel emploi : l’âgisme. Ce phénomène, encore trop peu reconnu, freine l’accès à l’emploi pour des milliers de personnes de 50 ans et plus, et soulève des questions fondamentales sur l’équité, la diversité et la valorisation des parcours professionnels.
Des préjugés tenaces
L’âgisme se manifeste souvent de manière subtile : une candidature ignorée, une entrevue écourtée, ou des commentaires implicites sur la capacité d’adaptation aux nouvelles technologies. Certains employeurs craignent que les candidats plus âgés soient moins dynamiques, plus coûteux ou moins enclins à apprendre. Ces stéréotypes persistent malgré les preuves contraires. Trop souvent, les employeurs invoquent le fait que le profil du postulant est trop senior pour le poste, alors qu’il correspondait parfaitement aux exigences.
Des impacts économiques concrets
Les conséquences de l’âgisme sont multiples. Non seulement cette situation entraîne-t ’elle des conséquences économiques pour le chercheur d’emploi comme un allongement de la période de chômage et conséquemment un allongement de la période durant laquelle, les revenus du Chercheur d’emploi, correspondent à seulement 57% de son revenu d’emploi, mais cela peut même aller jusqu’à l’épuisement des prestations d’assurance-emploi, puisque le délai pour trouver un emploi est supérieur à celui que mettent les chercheurs d’emploi plus jeunes. Selon des études récentes, pour les chercheurs d’emploi de plus de 55 ans mettent en moyenne deux fois plus de temps à retrouver un poste que leurs homologues plus jeunes. L’épuisement des prestations d’assurance-emploi peut, en outre, obliger le chercheur d’emploi à encaisser ses revenus de retraite avant l’âge de 65 ans, entraînant ainsi, une réduction partielle de ses revenus de retraite, en raison du fait qu’il s’agit d’une retraite anticipée, selon certains régimes dont le RRQ.
Des impacts psychologiques importants
En plus des conséquences économiques, l’âgisme entraîne des impacts psychologiques importants. Ainsi, le chercheur d’emploi pourrait souffrir d’une perte de confiance en sa capacité d’occuper un emploi, mais aussi, en ses compétences et parfois même en sa propre personne. L’isolement C’est également parti des conséquences entraînées par l’âgisme lors de la recherche d’un emploi. Ces conséquences combinées, poussent parfois, les chercheurs d’emploi plus âgés, vers la détresse psychologique, la dépression, voire même, l’anxiété généralisée.
La difficulté à réintégrer le marché du travail
Outre les conséquences mentionnées précédemment, certains employeurs pourraient interpréter une pause professionnelle ou une retraite partielle comme un manque de motivation ou l’absence de méthode efficace dans la recherche d’emploi.
Les travailleurs d’expérience, un atout incontestable
Outre le fait que les travailleurs plus âgés bénéficient d’une expérience plus vaste, ces derniers abordent généralement les situations problématiques avec plus de calme et de philosophie et, entrent rarement dans les luttes de pouvoir, puisque beaucoup d’entre eux cherchent à prolonger leur carrière ou à rester engagés socialement, afin de demeurer actifs, ce qui se traduit par un haut niveau de professionnalisme.
De plus, beaucoup de travailleurs âgés n’ont plus de jeunes enfants à charge, ce qui réduit les absences liées aux maladies infantiles, aux garderies, aux journées pédagogiques, aux semaines de relâche, aux congés de tempête et aux congés parentaux. Les obligations familiales étant moins fréquentes, les absences sont généralement plus planifiables.
Aussi, ils offrent souvent, une plus grande flexibilité horaire, puisqu’ils sont souvent plus disponibles pour des horaires variables, des postes occasionnels ou à temps partiel, des heures supplémentaires ou des périodes de pointe comme la saison des impôts, par exemple, n’ayant pas de charges familiales. Cela peut se traduire également, par une meilleure concentration, une plus grande assiduité et une attitude plus sereine au travail.
Des pistes de solutions
Heureusement, des initiatives émergent pour lutter contre l’âgisme comme les programmes de requalification adaptés aux travailleurs expérimentés, le mentorat inversé, la sensibilisation des recruteurs à la valeur ajoutée des profils seniors.
Certaines entreprises commencent à reconnaître que l’expérience est un atout stratégique, notamment dans les secteurs comme la fiscalité, la santé, l’éducation ou le conseil. Cependant, lutter contre l’âgisme, c’est aussi changer le récit autour du vieillissement professionnel. Plutôt que de voir l’âge comme un frein, il faut le considérer comme une richesse : celle de la résilience, du jugement, et de la transmission.
Martine Dallaire, B.A.A.
