
Créé par la Fondation Fabienne Colas, la 15ème édition de Festival Fondu au Noir s’inscrit dans le cadre de la programmation du Mois de l’Histoire des Noirs qui a lieu durant le mois de février de chaque année.
Avec une édition spéciale en présentiel et en ligne qui se déroule du 4 au 8 février 2026, le Festival Fondu au Noir, propose un programme alliant projections de films, littérature, panels de discussions, spectacles de musique et cinéma en ligne.
La soirée d’ouverture qui s’est déroulée le 4 février au Cinéma du Musée proposait au public de découvrir le film « Frantz Fanon » qui a été réalisé par Abdelnour Zahzah. Ce long-métrage qui est décrit comme des Chroniques fidèles qui sont survenues au siècle dernier à l’hôpital psychiatrique Blida-Joinville, au temps où le Docteur Frantz Fanon était chef de la cinquième division entre 1953 et 1956, s’inscrit dans la continuité de l’œuvre de Abdelnour Zahzah autour de Fanon, puisqu’il a réalisé en 2002, en compagnie de Bachir Ridouh, le film documentaire « Frantz Fanon : Mémoire d’asile ».
Dans son nouveau film, le cinéaste revient donc sur une période de la vie du docteur Frantz Fanon alors qu’il travaillait à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville à l’époque de l’Algérie française.
Frantz Fanon, jeune psychiatre noir, tentait de soigner les Algériens de leurs aliénations lorsque la guerre surgit à l’intérieur même de ses services. Durant cette période, il était médecin-chef de la cinquième division entre 1953 et 1956.
Analysant les effets de la colonisation, il s’est engagé auprès de la résistance nationaliste et a noué des contacts avec des officiers de l’Armée de libération nationale (ALN) ainsi qu’avec la direction politique du Front de libération nationale (FLN).
Décédé en 1961 à la suite d’une leucémie à l’âge de 36 ans, Frantz Fanon a écrit des pièces de théâtre ainsi que essais majeurs de la pensée anticoloniale dont Peau noire, masques blancs, L’An V de la révolution algérienne ainsi que Les Damnés de la Terre.
Si en France la reconnaissance de l’œuvre de Fanon est tardive, l’hommage lui est rendu en Algérie où des rues, des salles de cinéma et des écoles portent son nom. L’hôpital Joinville de Blida a d’ailleurs été renommé en mémoire de Frantz Fanon après l’indépendance de l’Algérie, ainsi que les hôpitaux de Béjaïa et d’Annaba.
La sortie du film de « Frantz Fanon » est un bel hommage à cette figure marquante de la pensée universelle et au militant pour la justice. Projeté lors du Festival du film Méditerranéen d’Annaba, le film a reçu le Prix du jury en 2024 et il a été sélectionné en première mondiale 74e Berlinale 2024, ainsi que lors du 21e Festival International du Film Black de Montréal (FIFBM) en 2025.
On soulignera aussi que de nombreux ouvrages rendent hommage à l’œuvre de Frantz Fanon. Plusieurs films et documentaires ont déjà été réalisés autour de cette figure de la révolution algérienne dont : « Fanon : peau noire, masque blanc » du réalisateur Isaac Julien en 1996, « Frantz Fanon, une vie, un combat, une œuvre » de Cheikh Djemai en 2001, « Concerning Violence » du réalisateur Göran Olsson en 2014, « Fanon hier, aujourd’hui » du réalisateur algérien Hassane Mézine en 2019. Plus récemment en 2025, le biopic « Fanon » de Jean-Claude Barny a été projeté lors du 31e Festival Cinémania de Montréal. Il est diffusé au Canada depuis le 6 février 2026.

En corolaire de la soirée d’ouverture, la projection du film a été suivie d’une table ronde autour de l’œuvre de Fanon. Thibault Tranchant (Docteur en philosophie et professeur au cégep Édouard-Montpetit) et Ernest-Marie Mbonda (professeur de philosophie au Cégep de Sherbrooke et chargé de cours à l’UQAM et à l’UdeM) se sont prêtés à cet exercice sous l’œil attentif du public.
Réda Benkoula
Festival Fondu au Noir, discussion autour de Frantz Fanon : Thibault Tranchant et Ernest-Marie Mbonda
Bande annonce du film « Frantz Fanon », réalisé par Abdelnour Zahzah
