On croit souvent que seules les personnes ayant connu la guerre à titre de militaire ou de population civile, peuvent souffrir du syndrome de choc post-traumatique. Or, il n’en n’est rien.

Le stress post-traumatique peut se développer chez toute personne ayant été confrontée à un événement traumatisant, c’est-à-dire une expérience qui menace la vie, l’intégrité physique ou psychologique, ou celle d’autrui. Par exemple, on peut aussi, retrouver cette pathologie chez des victimes ou témoins d’accidents graves, de personnes ayant subi ou observé des agressions physiques ou sexuelles. Les enfants ou adultes ayant connu des maltraitances ou de la violence domestique peuvent également être touchés. Il en est de même, pour les professionnels d’urgence (pompiers, policiers, personnel de la santé) souvent exposés à des scènes difficiles, ainsi qu’aux gens travaillant dans un milieu toxique. Finalement, les survivants de catastrophes naturelles ou d’attentats, de même que les personnes ayant reçu un diagnostic de maladie grave et leurs proches ou celles confrontées à la mort subite ou violente d’un être cher, comptent également, parmi la population à risque de développer ledit syndrome. 

Le diagnostic de TSPT

Bien qu’un travailleur social puisse identifier des symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT), au Québec, seul un médecin, un psychologue ou un.e infirmier.ère clinicien.ne est habilité.e à poser un diagnostic officiel pour des fins fiscales ou légales, en matière de santé mentale.

L’impact sur la vie quotidienne

Les conséquences du TSPT sur la vie quotidienne sont nombreuses et touchent de multiples sphères. Il peut s’agir de difficultés majeures à retenir des informations simples, à suivre des instructions ou à terminer des tâches commencées en raison d’un « brouillard mental ». La difficulté extrême à s’adapter au changement ou à réagir de manière appropriée dans des situations sociales normales, l’isolement social ou l’évitement de certains lieux ou situations, la difficulté à maintenir des relations sociales ou la collaboration professionnelle, de même que l’hypervigilance sont également des symptômes dudit syndrome. 

Les conséquences au travail

Au travail, le TSPT se manifeste par une dégradation souvent invisible mais profonde des capacités fonctionnelles. En 2026, ces manifestations sont reconnues comme des obstacles majeurs à la productivité et à la santé organisationnelle. Il se traduit concrètement en milieu professionnel par plusieurs facteurs dont l’altération des capacités cognitives, entre autres. Le travailleur pourrait éprouver des difficultés de concentration, une incapacité à rester focalisé sur une tâche, souvent interrompue par des pensées intrusives ou une anxiété de performance. Les troubles de la mémoire se manifestant par des oublis fréquents de consignes, de rendez-vous ou de détails importants de dossiers, font aussi partie des symptômes. On dénote également la lenteur d’exécution des tâches quotidiennes qui prennent beaucoup plus de temps qu’auparavant, en raison de la fatigue mentale et de l’hypervigilance, qui mène aussi, à un stress chronique, une fatigue physique, et des symptômes tels que des palpitations, des pointes au cœur, de l’hyperventilation à l’approche d’un collègue. Ces manifestations perdurent parfois, à la maison voire même, à la simple pensée de se rendre sur les lieux de travail. Les troubles digestifs, l’insomnie et les cauchemars liés ou non, au travail, s’ajoutent quelquefois, au tableau chronique.

L’isolement social au travail pourrait constituer un indice

Le fait d’éviter les réunions, les aires communes (cafétéria) ou les interactions avec les collègues dans le cadre d’activités de loisirs liées au travail ou de certains projets optionnels, ainsi que les retards fréquents ou des absences injustifiées devraient alerter le travailleur ou son entourage professionnel quant à sa santé mentale. Souvent, l’idée même de se rendre au travail devient une source de détresse insurmontable.

Et le CIPH, dans tout ça?

Pour être admissible, votre professionnel de la santé doit certifier que ces limitations sont présentes au moins 90 % du temps et ce, depuis plus de 12 mois…Même si les crises d’anxiété sont épisodiques, c’est l’effet cumulatif de l’hypervigilance et de l’évitement sur votre fonctionnement global qui est déterminant.

Par exemple, pour répondre aux critères de restriction marquée exigés par l’Agence du revenu du Canada (ARC) pour 2026, cela pourrait être :

  1. Le fonctionnement adaptatif : Le fait que vous soyez « renfermé.e » et incapable de sortir ou d’effectuer des activités de base (comme le sport que vous pratiquiez assidûment ou aller dîner au resto avec vos collègues, en semaine) pourrait démontrer une limitation grave de vos fonctions mentales nécessaires à la vie courante.
  2. La régulation des émotions : Vos crises de panique, votre tristesse profonde et votre incapacité à fonctionner au travail malgré vos compétences, constitueraient pareillement, des critères clés pour l’admissibilité.
  3. Durée : Il s’agit d’un critère essentiel, puisque si vos symptômes durent depuis plus de 12 mois, vous remplissez la condition de durée prolongée.

Étapes recommandées

  • Consultez un médecin, un.e infirmimer.ère clinicien.ne ou un psychologue : Demandez une évaluation formelle pour valider si votre état est un TSPT. Ce diagnostic « écrase » souvent celui de trouble d’adaptation et est plus robuste pour une demande de crédit d’impôt.
  • Demande de CIPH : Faites remplir le formulaire T2201 en mettant l’accent non pas sur le diagnostic, mais sur votre incapacité à sortir de chez vous et à interagir socialement ou à effectuer des tâches de bases voire même, à vous sentir bien sur votre lieu de travail.
  • Recours au travail : Si vous êtes toujours à l’emploi, vous pourriez avoir droit à des prestations d’invalidité ou à un recours pour harcèlement via la CNESST, si votre condition est liée à votre emploi.

Sachez que le crédit d’impôt est rétroactif. Si votre médecin atteste que cette situation a débuté il y a deux ans, vous pourriez recevoir un remboursement pour les années passées. Cependant, il n’est pas possible de reculer plus de 10 ans en arrière et ce, peu importe que votre condition ait débuté il y a plus de 10 ans ou non.

En terminant, sachez que l’Agence du revenu du Canada (ARC) ne s’attarde pas sur la liste de vos malheurs, mais sur comment ils vous empêchent de fonctionner.

Martine Dallaire, B.A.A.