Faisant suite à « The Mirrors Were Right » lancé à l’automne dernier, ce deuxième morceau du groupe formé de Paige Barlow, Miles Dupire-Gagnon et Gabriel Lambert (issu•es de Hippie Hourrah, Elephant Stone, Anemone, The Besnard Lakes) dévoile une autre facette hypnotique et solaire d’un premier album à venir sous Simone Records plus tard cette année.
Les histoires qu’on se raconte à soi-même qui s’opposent, souvent, aux réalités qu’on traverse; les expériences qu’on souhaiterait partager, mais qui ne se vivent qu’à l’intérieur de soi; les souvenirs qu’on sonde pour apprendre à vivre avec son ipséité : autant de trames qui traversent « Phasing », morceau dream pop hypnagogique de la formation montréalaise Hush, offert dès maintenant sur les plateformes d’écoute et de téléchargement.
I’m facedown in the spaces
of sky lies to face up to
In eyeline with the headlights,
I realize without a doubt
Spellbound, serpen-times
Spell out what we’re up to
Broken lines of water,
In your fountain of youth
Vignette impressionniste alliant micro et macro, atome et ciel, « Phasing » met en valeur la poésie en chassé-croisé de Paige Barlow – qui tente ici de relier des fragments de vécu, comme si ceux-ci se succédaient dans un stéréoscope. D’une voix diaphane, aérienne et épanouie, elle y sonde les intermittences et variations de nos expériences et de nos sentiments – « I love you is just a phase and / I’m phasing in and out » – en se questionnant sur la réciprocité, voire, sur la nécessité ou la pérennité de ce qui nous lie.
Un titre évocateur, appliqué : si, dans le texte, « Phasing » réfère aux phases de nos relations, on ressent aussi dans la composition et les arrangements des ondulations sinusoïdales, une sorte de mouvement perpétuel. Miles et Gabriel y déploient une tapisserie sonore riche et profonde, faite de mouvements solaires : les thèmes de la pièce vont, se transposent et reviennent, grâce à des techniques de variations de vitesse sur ruban ainsi qu’à l’hybridation de technologies de production analogiques et numériques. Confluence immatérielle de dream pop et trip-hop, la pièce coule bonnement, comme si on passait du réveil à la nuit en quelques minutes sans jamais s’extirper d’un état second, à la fois liminal et lumineux.
L’extrait est couplé d’un vidéoclip élaboré par Paige Barlow et Aabid Youssef, reprenant l’effet de flou de lentilles et le contraste entre l’infiniment petit et le plus-grand-que-nous qui sont au cœur de la chanson.
Réalisé par René Wilson et Miles Dupire-Gagnon, enregistré par ces derniers et Samuel Gemme (Corridor, La Sécurité) puis mixé par René Wilson avec l’assistance de Samuel Gemme, « Phasing » est le morceau d’ouverture du premier album de Hush, attendu plus tard cette année sous Simone Records.
À PROPOS DE HUSH
Né de la rencontre entre Paige Barlow, Miles Dupire-Gagnon et Gabriel Lambert, Hush s’inscrit dans la nouvelle vague d’artistes qui redéfinissent la pop psychédélique montréalaise. Leur univers sonore agit comme un prisme où l’art rock, le jazz, le krautrock, la musique surf et la pop rêveuse se transforment en une matière à la fois cinématographique, sensible et profondément humaine. Telle une image captée dans son mouvement, la musique de Hush invite à regarder plus attentivement… puis lance le défi d’en détourner les yeux.

