Jeune adulte, René Lévesque était convaincu que le Québec n’avait aucun avenir et que Montréal allait se transformer sous ses yeux en une ville anglophone et américaine.
Jeune adulte, Pierre Trudeau militait au contraire pour un Québec indépendant, français, et dirigé d’une main de fer par un dictateur catholique, porté au pouvoir par un putsch qu’il se faisait fort d’organiser.

Dans le premier volet d’un triptyque qui comprendra aussi Leur ascension, notre histoire et Leur affrontement, notre histoire, Jean-François Lisée raconte les années d’enfance, d’adolescence puis de jeunes adultes de Lévesque et Trudeau. Leurs cheminements sont parfois similaires, mais parfois remarquablement divergents.

Ils sont les principaux, mais non les seuls acteurs de ce fascinant récit. Ils forgent leur caractère à l’ombre d’un personnage gigantesque : Maurice Duplessis. C’est le troisième homme de cet ouvrage, le quatrième étant Jean Drapeau. Des chapitres retraceront leur parcours et leurs interactions avec nos deux protagonistes. Les lecteurs verront comment l’histoire se fait – ou ne se fait pas – avant que Lévesque et Trudeau, ensuite, s’en chargent.

Lévesque/Trudeau
Ils sont nés à trois ans et à 700 km de distance, au lendemain du premier conflit mondial. Sans se connaître, d’abord, ils ont partagé la même soif de savoir, de voyage, de dépassement. Le même goût pour l’irrévérence, pour les pieds de nez aux puissants, aux corrompus, aux repus. Séducteurs en série, ils ont dépensé la même énergie pour envouter tantôt les électeurs, tantôt les femmes.
Au seuil de la Révolution tranquille, ils se sont reconnus dans un combat commun contre la corruption et la médiocrité de la grisaille duplessiste. Ils se sont flairés, mesurés, bousculés l’un l’autre dans des années de grande intensité où il leur fallait imaginer l’avenir, la leur et celle de leur nation. Ils se sont soutenus dans les balbutiements de leur engagement politique. Ils ont ensuite conçu et incarné chacun une trajectoire de sortie de l’impasse québécoise. Cela allait les conduire à diriger la nation qu’ils incarnaient, québécoise pour l’un, canadienne pour l’autre. Ils allaient ainsi s’opposer dans des combats entraînant des millions de personnes et marquant à jamais l’histoire de leurs contemporains.
Ils sont morts à treize ans ans et à quelques kilomètres de distance, au crépuscule d’un siècle qui porte désormais leurs signatures.

SUR L’AUTEUR :

Jean-François Lisée est un journaliste, écrivain et homme politique québécois, né le 13 février 1958 à Thetford Mines.
Il fut d’abord journaliste à Montréal, puis correspondant à Paris et à Washington avant de rentrer au Québec pour publier son premier livre, Dans l’oeil de l’aigle (Prix du gouverneur général) sur les relations entre les États-Unis et le Québec autour de la question indépendantiste. Il œuvre ensuite au magazine L’actualité et publie deux best-seller sur Robert Bourassa et la politique québécoise, Le Tricheur et Le Naufrageur.

Après une carrière de journaliste dans les années 1980 et 1990, Il devient conseiller politique des premiers ministres Jacques Parizeau, puis de Lucien Bouchard. Il cofonde ensuite et dirige pendant huit ans le CÉRIUM, centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, tout en publiant des essais.
Il devient député de Rosemont et ministre des relations internationales et de la métropole dans le gouvernement de Pauline Marois. Toujours député, il devient chef du Parti Québécois en 2016, jusqu’en 2018.

De retour à la vie civile il entame la publication d’une série d’ouvrages sur l’histoire moderne du Québec (Jean-François Lisée raconte) pour sa petite boîte d’édition La boîte à Lisée. Il produit des balados et devient chroniqueur, notamment au quotidien Le Devoir, à l’émission de RDI Les mordus de politique, et à Tout un matin. Il est surtout père de cinq enfants.
SUR SON STYLE : Lisée a développé une façon étonnante de prendre son lecteur à la fois par la main et par le collet pour le faire entrer dans le vif du sujet. Qu’il parle de politique, de culture, d’environnement, de féminisme ou d’histoire, il sait dire les choses crûment, parfois brutalement, mais en maniant aussi la nuance et l’humour. C’est l’étrange mariage du marteau-piqueur et du scalpel. Parce qu’il n’écrit jamais pour ne rien dire, parce qu’il a horreur des tabous et du prêt-à-penser, il ne laisse personne indifférent.