Comme chaque année, les musulmans du monde entier observent le jeûne durant le mois sacré du Ramadan.

Bien qu’il s’agisse d’un mois d’abstinence, le mois de Ramadan génère une demande alimentaire notable, stimulant des centaines de millions de dollars de dépenses supplémentaires, ce qui pousse les épiceries à adapter leur offre de produits halal et leurs promotions.

À Montréal, et ailleurs au Québec, les pâtisseries et les boucheries connaissent une forte affluence des clients qui font leurs achats pour la circonstance. Les grandes chaines alimentaires ainsi que les grandes surfaces Hallal s’arrangent pour faire des spéciaux encore plus imbattables.

Les québécois d’origine maghrébine conjuguent leurs traditions avec le rythme en terre d’accueil. Au-delà de la pratique religieuse, le Ramadan revêt une dimension sociale et communautaire importante.

La vie artistique et culturelle s’anime à Montréal où vit une importante communauté maghrébine. Des concerts, des soupers-spectacles et des expositions sont organisés après l’Iftar, servant de pont intergénérationnel pour la transmission des traditions.

C’est aussi le mois de la compassion et du partage où des repas collectifs sont offerts un peu partout aux nécessiteux mais également à tous.

L’ambiance Ramadanesque

On profite de cet instant de piété et de recueillement pour rompre le jeûne en famille ou entre amis en dégustant différents mets salés et sucrés.

Autour d’une table marocaine, on sert «la Hrira» (la soupe), « le Tadjin », « El khli3 », (viande séchée), « El Mchermel », « El Chebakiya », « El Selou », « El Briouat » etc. On aime aussi prendre du thé qui doit être servi « Hami, H’lou, Har » (chaud, sucré, piquant). La table algérienne propose « la Zlabiya » et «Kalb El Louz» (Coeur d’amendes) qui sont servis avant les plats principaux comme «la Chorba frik» (Soupe) que l’on mange avec de « la Kesra » ou « Khobz Tounes » (pain). Les entrées sont nombreuses telles que « L’ham El Hlou » (viande sucré), « El bourak », « El Mtewem », « Chtitha djadj », « El Jari », « El Slita » (petit plat de salade). On passe la soirée à déguster les sucreries qui sont servies pour la circonstance comme les Cigares aux amendes, « Griwech », « K’tayef », « Baklawa », « El M’hancha ». Avant le lever du soleil au moment du S’hour certains prennent du « Mesfouf » (couscous) avec du «L’ben» ou du «Rayeb» (Babeurre). Sur la table tunisienne, on sert aussi la «Chorba» (soupe), « les Brik », « Salata Mechouiya » (Salade), « Kesksou » (couscous) ainsi que de nombreuses variétés de sucreries telles que « El Ktayef », « El Zlabya » ou encore « Mekrout El Kiraouane ». Ce sont là quelques mets non-exhaustifs qui font saliver et que se partagent les membres de la communauté au moment du Adhan El Maghreb (appel à la prière). À la fin du repas, les fidèles se réunissent à la mosquée pour faire la prière du Taraouih.

Certains se retrouvent tard le soir dans des terrasses de café, alors que d’autres profitent des évènements qui sont organisés.

Réda Benkoula