Notre espérance de vie n’a cessé d’augmenter de façon continue depuis plusieurs décennies, mais voilà que cela s’arrête, voire diminue. L’alimentation malsaine qu’est la malbouffe est-elle en cause ?

L’obésité est responsable d’une diminution de l’espérance de vie. Les personnes obèses vivent moins que celles de poids normal.

Alors que l’excès de poids et l’obésité continuent leur progression dans le monde, leur impact sur l’espérance de vie devrait également augmenter. D’autant qu’il n’y a jamais eu, dans l’histoire de l’humanité, autant d’enfants et d’adolescents en surpoids et/ou obèses. Or, plus l’obésité survient tôt, plus les problèmes de santé qui y sont associés apparaîtront tôt aussi. Ainsi, selon les scientifiques, l’obésité à l’âge de l’adolescence entraîne une augmentation du risque de mortalité à l’âge adulte qui est multipliée par 3 pour les maladies cardiaques, par 7 pour les maladies rénales, par 10 pour le diabète.

Bien que les campagnes de santé nous façonnent avec « bougez plus » ; la science, elle, murmure une vérité bien plus inquiétante : l’obésité s’installe dans nos assiettes bien plus que dans nos canapés.

Oui, la vie moderne est devenue de plus en plus sédentaire. En effet, la pandémie d’obésité explose et ne cesse de s’étendre. Une vaste étude scientifique démontre que l’alimentation y contribue bien plus que l’absence d’activité physique. L’étau se resserre encore sur les aliments ultra transformés.

Depuis des décennies, les discours officiels s’accordent sur un duo accusé d’engendrer l’obésité : sédentarité et malbouffe. Pourtant, la diminution de l’activité physique n’aurait que peu d’effet sur l’obésité.

Manger trop gras et trop sucré fait grossir. Tout le monde le sait. Ce qui est moins clair en revanche, c’est l’effet que la malbouffe peut avoir sur notre cerveau. En effet, un régime riche en graisses et en glucides provoque une inflammation de l’hypothalamus en seulement trois jours.

Rappelons que l’hypothalamus contrôle quelques fonctions vitales telles que la soif et la faim. Le plus surprenant reste donc que cette région de notre cerveau réagisse aussi rapidement à la malbouffe.

Dans les pays développés, La malbouffe, principale cause de l’obésité

Les chercheurs du laboratoire Pontzer de l’université Duke (États-Unis), constatent que les dépenses énergétiques quotidiennes ne diminuent pas significativement dans les sociétés développées. Pourtant, l’obésité explose. La faute à l’activité physique ? Non, tranche le Pr Herman Pontzer : « Il est clair que les changements de régime alimentaire, et non la réduction de l’activité physique, sont la principale cause de l’obésité aux États-Unis et dans d’autres pays développés ».

L’étude montre que l’indice de masse corporelle (IMC) a bel et bien grimpé dans les pays riches, mais qu’il masque une réalité plus sournoise : une augmentation disproportionnée de la masse grasse par rapport à la masse maigre. Amanda McGrosky, biologiste à l’université Elon (États-Unis), souligne que « les différences de dépense énergétique ne peuvent expliquer qu’une fraction de l’augmentation de la masse grasse », pointant une transformation profonde du régime alimentaire.

Bougez oui, mais n’oubliez pas de manger sainement

La nourriture industrielle est logiquement suspectée. Les aliments ultra-transformés sont un problème. Ces produits industriels, omniprésents dans nos supermarchés, sont faciles à digérer, très caloriques, peu rassasiants et conçus pour en appeler toujours plus.

C’est évident : une plus forte consommation de ces produits était directement liée à une augmentation de la masse grasse. Et ce n’est pas une corrélation anodine. Le paradoxe est cruel : plus une société se développe, plus son accès à la nourriture se facilite — et plus elle grossit. Mais cette abondance n’est pas synonyme de mieux-être.

Certes, il ne s’agit pas de décréter l’inutilité de l’activité physique car cette dernière présente un large éventail d’avantages pour la santé, allant de la réduction de la mortalité toutes causes confondues et cardiovasculaire à l’amélioration de la santé mentale. Mais sur le plan pondéral, les chiffres sont têtus. L’impact de l’inactivité sur le surpoids pèse dix fois moins que celui d’une alimentation excessive et déséquilibrée. Ainsi, la fameuse injonction « bougez plus » sonne comme une diversion.

 Mohand Lyazid Chibout (Iris)

By Mohand-Lyazid Chibout

Mohand Lyazid Chibout (nom de plume Iris), né à Ait Soula, dans la commune de Chemini à Béjaïa en Algérie, est un écrivain, poète, correcteur (édition, presse) et chroniqueur algérien kabyle d'expression française. Il a publié : Traduire un silence (2010), Amoureux-nés (2010), La Finitude (La haine de soi) (2014), Les Saisons mortes (2018), Les Lumières de l'ombre, recueil de réflexions et aphorismes (2023)